Parents poisons

Il y a un petit mois (le soir où le tyran a accouché !!) il y avait un documentaire : Le monde en face, sur France 5 ayant pour thème les parents poison, précisément « Ma mère, mon poison. »
J’étais curieuse de voir comment le sujet allait être traité. J’ai été déçue. C’était vraiment trop superficiel. Le vernis était à peine écaillé. A l’inverse du sujet sur les jeunes transgenres qui pour le coup était assez approfondi, celui là était à peine effleuré. Quand on a vécu ce que promettait de traiter l’émission, on trouve ça léger.

Ma caille me dit que les gens ne sont pas prêts. Effectivement, je pense également que les gens ne sont pas prêts à entendre la réalité. En 2017, c’est inconcevable qu’un parent puisse être maltraitant psychologiquement avec son enfant. Violent au point de le rendre angoissé de la relation à l’autre, en manque cruel de confiance en soi et en l’autre. Mais si ! Les gens, il faut ouvrir les yeux. La violence des humiliations morales. Les manipulations perverses au sein de la fratrie pour te faire te sentir la dernière des merdes. Les coupes de cheveux hideuses et les fringues sciemment choisies pour ne pas te mettre en valeur… Et j’en passe évidemment.
La rigolade dernièrement quand tu vois des photos et sur absolument TOUTES tu as une coupe dégueulasse. « ah ouais… c’est vrai, c’est elle qui me coupait les cheveux ». Puis quand ça a un peu commencé à trop se voir que c’était moche, alors on choisissait évidemment une coupe laide chez le coiffeur, qui s’exécutait. La coupe qui te rendait tellement féminine que même ton voisin avec sa barbe était plus féminin que toi… Finalement, quand ça a fait remonter tout ça, j’ai un peu ri jaune.

Evidemment, quand tu es plus jeune, tu culpabilises. Tu vois tes copines avoir des relations complices avec leur mère. Toi tu n’aimes pas ta mère. Mais tu culpabilises de ne pas être « normale ».

Non ce n’est pas une obligation d’aimer ses parents. Aussi loin que j’essaie de me souvenir, je n’aimais pas ma mère. Petite, je ne la détestais pas, je me méfiais juste d’elle.  La psy a même dit que c’était un mode de défense que j’ai déclenché très tôt (merci mon cerveau d’avoir fonctionné rapidement et très tôt). Plus tard, j’ai nourri tellement de sentiments contraires à son égard que je ne sais plus exactement quand j’ai commencé à la détester vraiment, la haine viscérale juste à la voir ou sentir son odeur…
Heureusement, il existe ce phénomène qu’on appelle la résilience et j’ai tourné la page.

Il nous restait mon père, qui malheureusement ces dernières années s’est tourné vers sa petite personne. Pour le coup, ma mère était malade, il y a une explication à son attitude (pas à la maltraitance, pour ça il n’y aura jamais aucune explication). Pour le reste… Je suis déçue depuis tellement d’années de l’attitude égoïste complètement écoeurante de personnes dans mon entourage que finalement je me demande si ma mère n’était pas l’arbre qui cache la forêt. J’ai pris une grosse claque à Noël dernier. (Voir l’article NOEL et l’article Egoïsme parental) Et le fait que 3 mois après ce ne soit toujours pas digéré est bien signe que ça m’affecte profondément.
Je ne veux surtout pas être ce genre de parent pour Alix. Alors oui je sais, moi j’ai fait un travail psy pour en arriver là et le fait d’avoir conscience de tout ça aide aussi, blablabla, donc ça n’arrivera probablement pas. Mais je ne peux pas m’empêcher d’y penser.

Quelle horreur inconcevable de maltraiter un petit être sans défense pour qui tu es le monde entier et qui croit en toi. [Mode cucul la pral ON] Quand je vois comme Alix nous regarde avec des yeux d’amour, je me demande comment c’est possible de ne pas donner d’amour en retour à un petit être comme ça ? [Mode cucul la pral OFF]

Dans le documentaire, Marina Carrère D’Encausse demande à une des anonymes en plateau si elle aime sa mère. Et la réponse tombe comme un couperet froid : « non ». Et BAM ça résonne fort en toi.  Eh oui… Tu n’aimes pas tes parents. Tu es normale. C’est même plutôt sain de ne pas aimer qqn qui te fait du mal et te fait souffrir.

Oui, il va falloir mettre à distance. Je suis passée d’envoi de photos tous les jours à environ une par mois. Pas de réaction. Je me demandais si c’était du j’m’en foutisme… Et finalement, en en parlant avec mon frère, selon lui, c’est de l’orgueil, de ne pas réagir. Ca les fait suer mais ils ne demanderont pas. Alors je réagis comme mon père a toujours réagi. A con, con et demi. Je vais en faire de moins en moins.

Et je crois qu’il faut en tirer malheureusement les conclusions. Même si ça fait mal.

THEY NEED TO GO.

FullSizeRender-2.jpg

*Sad-Kaarotte*

Publicités

3 réflexions sur “Parents poisons

  1. C’est marrant ça…depuis que j’ai accouché beaucoup de monde se permet de me dire que je devrais prévenir mon père et reprendre le contact… Et c’est très mal perçu que je réponde non, que j’ose dire que tous les parents ne méritent pas ce titre et qu’il ne me manque pas… de la part de gens qui n’ont aucune idée de l’enfance que tu as eu c’est 🙄😑 … Bref laissons couler et on sera bien meilleures 👍

  2. Vivre pour soi .
    Tellement facile à dire !

    J’ai appris à repousser mon père quand j’en ai besoin mais des fois je loupe mon coup et pourtant il est pas le pire .
    C’est pas qu’il m’aime pas , c’est qu’il aime « mal » .

    Et j’avoue que mon « non » désir d’enfant est aussi lié a ça .

    Mais perso je trouve ça sain de réfléchir comme toi , d’avoir peur , et de tout envisager .

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s