Si vous trouvez que l’éducation coûte cher, essayez l’ignorance.

Titre long et lourd de sens. Je suis fâchée. Ouuuuh Kaarotte est colère !

Je m’énerve sans doute pour rien (jamais vraiment…) mais je me suis « pris la tete » avec un prof des écoles sur twitter hier.
[mode Bibitch on] Il est rugbyman… ça explique surement une partie de notre désaccord ou de notre vision des choses. [mode Bibitch off]

Pardon mes collègues du second degré. Pardon vraiment sincèrement.

sorry

Pendant des années, j’ai pensé que vous étiez jmenfoutistes et imbus car spécialisés dans votre matière et donc moins au service des élèves. Et finalement, je me rends compte aujourd’hui que non. Dans le premier degré AUSSI, beaucoup sont imbus parce que se croient spécialisés en tout. (Bon, faut être honnête, pas tous… Il y a encore des collègues que je respecte pour leur implication dans le premier et second degré, loin de moi l’idée de mettre tout le monde dans le même sac !)

Je me suis quand même entendu dire que j’aimais mettre les gens dans des cases.
(Moi ? Moi je mets les gens dans des cases ?! AHAHHAHAHA Pardon. Trop bonne blague !) après avoir dit qu’en ayant grandi avec un père militaire, je connaissais bien la pratique de la désinformation.

[Il dit qu’il voit pas le rapport].

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Et accessoirement que je devrais retourner en école (Bon Ça cest peut être pas entièrement faux… Ma norme est forcément décalée après une petite dizaine d’année en SEGPA).

À la base, j’ai chopé un thread de profs qui parlait de plein de trucs de profs (traduire de pédagogie, trucs hautement relous pour le commun des mortels) mais entre autres, l’hypocrisie en terme de compétences et d’orientation. On en arrive au fameux débat du collège unique avec des élèves qui n’ont pas le niveau et qui avant, sortaient du système scolaire sans que ça ne pose aucun problème éthique ou de valeur. Et sous-jacente,  arrive la dévalorisation des voies professionnelles puisque ne sont envoyés dans des formations techniques et manuelles que ceux qui ne pourront pas faire *plus* scolairement.

Et donc, on en arrive à cette absurdité totale : quand un môme a de super compétences et VEUT aller vers une formation professionnelle, on lui dit que ce serait dommage de « gâcher » ses compétences, qu’il pourrait continuer ses études et « faire plus ». GÂCHER ?  FAIRE PLUS ? Mais pour faire  quoi ? Gâcher un super potentiel de faire un chef d’entreprise qui aime son métier et qui a vraiment choisi sa voie, qui n’a pas un avenir professionnel en carton parce que choisi par défaut ? Et sinon comment ça se passe ? On le pousse à faire un bac + 5 et une dépression parce qu’il doit pointer à pôle emploi alors que 7ans plus tôt il aurait pu s’engager dans une voie pro type CAP + bac pro ?

Hypocrisie de classe sociale ?
On ne fait des métiers manuels que lorsqu’on a un faible niveau d’instruction ? C’est une question rhétorique. La triste réalité est là. Il n’y a qu’à voir le boom des formations professionnelles pour adulte et le nombre de reconversions.
Le voilà le réel problème : la dévalorisation du travail manuel. Les parents veulent-ils  le bonheur de leurs enfants s’ils les poussent à faire des études ? Mon père, en voyant ce que j’étais capable de faire de mes mains, m’a dit un jour « J’aurais jamais du te pousser à faire des études ». Je pense qu’il l’a fait en pensant sincèrement vouloir le meilleur pour ses enfants. Le meilleur selon son éducation. Que, nous, ses enfants, réussissions mieux que lui scolairement parlant.

L’idée du mec (de twitter, ouais toujours le même !) contre laquelle je me suis insurgée était que les PE sont spécialistes de la lecture. Ce à quoi j’ai répondu que non, TOUS les PE ne sont pas spécialistes de la lecture. Ils enseignent l’apprentissage de la lecture, l’apprentissage de la langue mais ils ne sont pas spécialistes. Dans un monde merveilleux où tout le monde serait spécialiste de tout, on n’aurait aucun illettré en France en 2017.

Petit rappel : l’illettrisme c’est quand on a été scolarisé, on a appris à lire écrire et compter, Mais qu’on ne maîtrise plus la langue française après un certain nombre d’années de manque de pratique. On désapprend parce qu’on n’est pas passé au stade de lecteur expert. Ce à quoi le rugbyman twittant a répondu que c’était une théorie fumante… Encore une preuve qu’il n’est pas spécialiste de la lecture, sinon il saurait qu’on désapprend. C’est ce qui guette mes élèves et ce contre quoi je me bats au quotidien. Je veux au moins que mes élèves deviennent lecteurs experts, pour ne pas désapprendre, juste pour pouvoir s’en sortir dans la vie, savoir lire des documents administratifs, au minimum !! Fermons la parenthèse. (Comment ça je n’en avais pas ouvert ?!) 

Ma copine qui est formatrice en ESPE m’a dit qu’avec 2h de cours sur la lecture en master ils n’allaient clairement pas devenir des pros de la lecture. DEUX PAUVRES HEURES… 🤔 C’est certain. On brade la formation des profs et on ne comprend pas qu’il y ait des pétages de câble, des burn out, des dépressions et des démissions. C’est de la maltraitance de profs et d’élèves… On demande aux profs de faire quelque chose qu’on ne leur a pas appris et on exige qu’ils sachent le faire. On s’insurge si ce n’est pas le cas. C’est comme si vous disiez à un prof. « Bon alors tu vas apprendre à tes élèves à nager. Ah tu sais pas nager ? Bon je te montre. Hop. Ça y est ? T’as vu ? Bon c’est bon, tu sais nager. Tu vas savoir leur apprendre. » Vous allez le voir sur une séance de natation. « MAIS ??? C’est pas du tout comme ça qu’il faut faire. Regarde, il faut prendre le temps, on n’apprend pas à nager en 2min !! Il va falloir que tu te remettes en question sur ta manière d’aborder les apprentissages. Tu n’as pas poussé ta réflexion pédagogique là. Avec ta manière de faire, c’est clair qu’ils ne sauront pas nager à la fin de l’année. »

FAITES CE QUE JE DIS FAITES PAS CE QUE JE FAIS.

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Je ne dis pas que tout est négatif dans la formation des profs mais il y a des écueils qu’on pourrait éviter. Ne serait-ce qu’en considérant les gens plutôt qu’en les prenant pour des débiles. Heureusement, il y a des chouettes formateurs (avec qui on garde même contact, avec qui on monte des projets parce que la motivation de ce métier c’est ça, le partage de compétences et l’échange.) qui nous donne envie de nous investir, qui nous valorisent et révèlent le meilleur de nous.

Ce qui est certain, en revanche, c’est qu’il y a un problème d’origine sociale dans le métier. Clairement. Quand tu as côtoyé dans ton quotidien, des gens qui ne savent pas bien lire ou écrire, qui galèrent dans leur quotidien, tu sais ce que c’est que la difficulté d’apprentissage. Et dans ces milieux socio-culturels moins élevés, devenir prof, c’est l’ascension sociale. C’est la reconnaissance de la société, métier de prestige et de respect. Pour ma grand-mère qui était passée d’ouvrière à contre-maître, sa petite fille qui était professeur, elle en parlait avec des coeurs dans les yeux. C’était une fierté pour elle. C’est à ce moment là que tu te rends compte du poids.
Forcément, quand le niveau social s’élève, tu ne côtoies plus la difficulté. Tu ne te rends pas compte à 12ans que Kevin B. dans ta classe de 5ème qui a 4 de moyenne, galère à comprendre. Faut être lucide 2 petites secondes. Tu ne deviens pas prof parce que tu avais des difficultés à l’école. Déjà, quand tu es prof c’est que tu as réussi un minimum (au moins les études pour devenir prof (à savoir, bac + licence + master MEEF = bac +5), que tu as aimé l’école (assez pour accepter d’y rester toute ta vie !) et donc que tu n’as pas VRAIMENT connu la difficulté scolaire, tout du moins pas celle à laquelle on est confronté professionnellement aujourd’hui.

okay

Après, beaucoup de PLC (professeurs lycée et collège Pour les non-initiés) sur twitter (ou pas d’ailleurs) sont très réac parce qu’ils idéalisaient leur métier, et la reconnaissance n’est plus à la hauteur de celle qu’ils attendaient (celle la même qu’ils accordaient à leurs profs préférés…) Résultat, ils deviennent aigris rapidement (parfois dès l’année de stagiaire… J’en ai vu quelques uns déjà.) et ne font plus le métier par passion mais par contrainte et pour des « pseudos avantages ». C’est comme ça qu’en salle des profs, le 5 septembre tu entends « Bon allez 6 semaines avant la Toussaint ! ». Alors, ouais quand tu vois / entends ça de l’extérieur, je comprends que ça hérisse le poil et que ça amène des jugements de valeur sur ces « putain de fonctionnaires de merde qui se plaignent tout le temps ». J’entends. Je vis les choses de l’intérieur et je ne supporte plus d’entendre certains se plaindre la bouche pleine. Mais il y a quand même tout ça à prendre en considération.

Il y a la désillusion que j’excuse partiellement mais il y a aussi le manque de considération du handicap. Et ça je ne l’excuse plus. Le nombre de fois où j’ai entendu que c’était du favoritisme de donner une dictée à trous à un dyslexique 🙄🙄🙄
Je réponds : « D’accord c’est du favoritisme. Mais, dans ce cas, la petite C. qui est en fauteuil, tu voudras bien lui faire monter les escaliers comme les autres ? Nan parce que c’est du favoritisme là, elle a le droit de monter en ascenseur et en plus elle est assise quoi… Faut pas déconner. »
En général on me répond un invariable « t’es con » ou bien « Nan mais cest pas pareil ». En quoi c’est pas pareil ? La notion même de handicap sous-entend qu’il y a un besoin de compensation. Imaginez déjà la difficulté pour un jeune d’accepter d’être différent (alors qu’à 13ans tu ne rêves que d’une chose c’est d’être à tout prix dans la norme.), d’accepter  que le terme « handicap » soit estampillé sur son dossier (ça relève du secret médical… Cimer les gars… et c’est un motif de discrimination…)  et s’entendre dire que c’est du favoritisme de bénéficier d’une adaptation… ??? On ne voit pas d’inconvénient à palier un handicap physique, mais un handicap invisible, ça reste différent.

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Mais le rejet de la faute et le manque de compétence des profs va au delà d’une simple considération. On a le « C’est pas de notre faute si les acquis ne sont pas assurés en arrivant en 6ème ». Faudrait surtout pas prendre ses responsabilités. Bah ouais mais nan les gars. Il faut arrêter de toujours jeter la faute sur l’autre, celui qui n’aurait pas fait son boulot avant et peut-être se remonter les manches, essayer de prendre les mômes là où ils sont, avec leurs compétences et essayer de les amener le plus loin possible. Peu importe si « Tu te rends compte ? Ils ne savent MÊME PAS faire ça ?! »  Ouais et ? Ça change quoi au final ? Ça te dédouane si à la fin de l’année ils ne savent toujours pas le faire ? Les gars ? Vous avez déjà entendu parler de la ZPD (ouh, Kaarotte méga vénère sort l’artillerie lourde. Barrez-vous ça va pétaaaaaay !).

La QUEUAH ?

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La Zède Pay Day . Zone Proximale de Développement. aka des gros mots de profs qui s’la pètent du jargon professionnel pour dire en gros, quand tu apprends tu es sur une marche d’escalier. La ZPD ce sont les 2 marches juste au dessus de celle sur laquelle tu te trouves, où vont se situer les compétences que tu peux potentiellement atteindre.

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Chez nous (les profs du spécialisé intervenant dans le second degré) c’est différent.

zebreCoucou Marie 😀 

Les PLC nous regardent de 2 manières :

  • soit Avec admiration « woaaaah ils/elles sont trop fort(e)s ils/elles arrivent à gérer 16 mômes en difficulté alors que nous quand on en a 2 dans une classe on est débordés ! » (en réalité ils ne reconnaissent pas être débordés…)
  • Soit avec mépris « et sinon à part faire de la pâte à modeler et des gommettes tu arrives à faire classe? » « Des apprenti-quoi ? Tu fais cours, vraiment ? »

Dans les 2 cas, ces gens se trompent lourdement. Nos élèves en grande difficulté scolaire sont des ados à regarder comme des futurs adultes à qui on va demander de se déterminer très tôt pour un choix de métier (Le système se débarrasse d’eux ne soyons pas hypocrites). Alors, le minimum, c’est de les respecter donc de ne les traiter ni comme des animaux de zoo ni comme des enfants de 3ans. Et vous savez quoi ? Ça marche pas trop mal. Avec un soupçon d’humour, beaucoup d’écoute et du respect, on y arrive. On construit, marche après marche, l’escalier vers leur réussite (ZPD toussa toussa) et surtout vers un regain de confiance en eux. Depuis 6ans, on présente même certains de nos élèves au brevet pro (brevet des collèges version techno/professionnelle), on a 100% de réussite.

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Je concède à mes collègues d’élémentaire qui ont 32 gamins au quotidien que c’est difficile de faire classe sereinement en prenant en compte les difficultés de chacun. Mais quand je pense à mes petits cocos qui me racontent qu’ils ont été dans le fond de la classe pendant 4ans à faire des coloriages magiques… (Petit lecteur rappelle toi, ces coloriages avec des calculs associés à une couleur pour terminer en dessin une fois la totalité réussie.) Là, ce n’est pas une question d’effectif ou de gestion de la difficulté. Là, c’est clairement du manque de respect.

respect

 

Je sais que tu attends de savoir. Tu veux savoir si j’ai éclaté l’autre niais sur Twitter. Et bien non, je suis allée discuter en privé avec lui.
Au final, on a déverrouillé nos désaccords (SAUF SUR LA LECTURE ROGNTUDJUUUU). J’ai compris qu’il se sentait agressé (encore un truc que mon métier m’a appris, là où il y a agression se cache en général un malaise), qu’il vivait mal la vision des profs qui sont sur twitter et ça m’a permis d’écrire cet article ! Merci La communication !
Ouais je me ramollis, j’aurais clairement pu le défoncer…

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Mais je n’ai plus envie de perdre mon temps. Je garde mon énergie pour mes petits cocos à la rentrée. Je suis sincèrement heureuse de les retrouver.
Et puis comme ça, je vais à nouveau pouvoir réveiller mon chéri en pleine nuit parce que je rêve de Diego ou Steven (ouais Jason est parti cette année ! 😂) qui font les cons et me font râler !  😬

*Prof Kaarotte blablabla-blablabla-toussa-toussa*

Les ripoux, c’est pas que chez les keufs…

Pour ceux qui ne sauraient pas encore, ou qui arriveraient par ici seulement maintenant, ma caille et moi sommes enseignantes.
Nous avons toutes les deux travaillé dans l’enseignement spécialisé.
Actuellement et depuis quelques années, j’enseigne en SEGPA. J’ai passé ma spécialisation et j’adore mon boulot.
Ces élèves sont fragiles socialement, psychologiquement et par la force des choses scolairement. Ils ont eu dans leur vie d’enfant et d’élève, un frein qui les a bloqués pour continuer à apprendre et progresser comme leurs camarades. C’est un retard, qui a du mal à se combler, donc parfois ils ont quelques notions de retard en maths et n’accèdent pas à la même réflexion que les autres, parfois c’est la lecture qui les a bloqués, donc les freine dans toutes les matières, chacun est différent. Donc, pour t’adapter à eux, tu fais parfois 3/4 cours différents pour une même notion.
Ces élèves ont besoin d’une attention spécifique, car leurs difficultés combinées à l’adolescence et aux difficultés sociales leur font parfois vivre un véritable enfer psychologique. Cela va sans dire que les adultes qui les entourent doivent être plus que prévenants et patients. Ce qui n’est pas toujours facile, un ado, ça tape vite sur le système, donc 16, qui ne s’entendent pas toujours… Ça peut vite te faire tourner chèvre. J’entends bien les remarques « Tu as choisi d’être en SEGPA ». Oui, j’ai choisi d’y rester dans ces sections, de travailler auprès d’eux. J’ai choisi d’apporter tout ce que je peux à des élèves dont la majorité des gens se contre-fiche et même souvent se moquent (très fort…). J’exagère ? Tape #SEGPA dans twitter. La première fois que je l’ai fait, j’ai eu les larmes aux yeux… Mes élèves ne sont pas des réceptacles à toute votre haine de la difficulté. Vous n’avez jamais rien raté vous ? C’est la honte hein de rater… Bah non. C’est le principe de l’apprentissage… Vous avez réussi à marcher du premier coup, à lire du premier coup, à nager du premier coup ?
Je suis assez en colère quand d’autres collégiens se moquent gratuitement de mes élèves à base de « moi au moins je ne suis pas en SEGPA. » Quand je prends un de ces élèves sur le fait, je le convie (comprends : oblige) à venir dans ma classe. Je le fais s’asseoir et je commence ma classe normalement. Au bout de 10min (où l’élève a bien flippé, il faut le dire…), je lui dis « Alors ? C’est des débiles ? Tu arrives à suivre au moins ? ». Le dernier en date est venu s’excuser au tableau devant tout le groupe, les larmes aux yeux.
Ensuite,  je demande à l’élève s’il a aimé l’expérience. La réponse est toujours et irrémédiablement non. Je suis soft, je ne les humilie pas. Mais je leur fais prendre conscience que ce qu’ils font eux, c’est bien de l’humiliation. Cette humiliation quotidienne de mes élèves, au self, dans la cour, au CDI, à l’extérieur du collège, ça s’appelle du harcèlement. C’est puni par la loi. Eux rigolent, mais pas mes élèves, et moi encore moins.
Je ne cherche pas à être une héroïne pour mes élèves (je le suis déjà #GrosseTete 😀 ),

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Je ne veux pas être la justicière mais personne ne les aide ces mômes, et ce depuis bientôt 10 longues années pour certains… L’école c’est un calvaire. Apprendre, c’est l’enfer. Je veux juste faire comprendre à des jeunes qui ne réfléchissent pas encore avant de parler (des ados quoi…) qu’une seule parole peut faire des ravages. Le plus souvent, ça fonctionne et je n’ai plus rien à dire à l’individu pris en défaut.

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Avec des ados c’est plutôt facile finalement… Là où ça devient compliqué… C’est quand ce sont des adultes qui agissent de la sorte. Et là, blinde toi petit lecteur… Je suis TRÈS fâchée…
Je ne suis personne par rapport à mes collègues. Ni inspectrice, ni supérieur hiérarchique, donc ma parole ne pèse pas très lourd dans la balance. Mais en vérité, j’ai parfois des envies d’être violente physiquement. Un ado, on lui pardonne, il est jeune, il n’a pas d’expérience, il se défend comme il peut. Rappelle toi cette période de merde petit lecteur… Mais quand ce sont des adultes, et a fortiori des profs qui ont cette attitude humiliante et insultante. On fait quoi ? C’est facile, la parole des jeunes n’aura aucune valeur face à celle d’un prof (du moins c’est ce qu’ils pensent). Je ne dis pas que je crois toutes les histoires qu’ils me racontent (parfois ils racontent des grosses bêtises aussi…). Mais quand il s’agit de ce genre de choses, je suis TRÈS vigilante. J’en ai soupé du corporatisme à base de « ON DEFEND TOUJOURS UN COLLEGUE ». Non, un connard qui humilie des gosses, je ne le défends pas. Une conne qui n’adapte pas pour une gamine handicapée, je ne la défends pas, elle ne fait pas d’effort.
Ça fait 8 ans que je suis dans cet établissement. Malheureusement, peu (voire pas du tout) de collègues sont formés à prendre en charge nos élèves parmi les PLC (profs de lycée et collège). Encore moins ont envie de les prendre en charge et parmi ces rares, très très peu essaient de mettre en place une pédagogie et une attitude qui mettent nos élèves en réussite. Donc, concrètement, mes élèves, qui sont quand même volontaires à apprendre l’anglais, la physique chimie ou l’EPS, se retrouvent à faire n’importe quoi pour se faire remarquer parce que les profs ne se donnent pas la peine de préparer de véritables séances et surtout n’en ont rien à faire d’eux, ils sont perdus. Alors perdus pour perdus…
« Ça sert à rien, ils comprennent rien. »
« Ça sert à rien, ils ne font rien de toute façon à part le bordel. »

Bon jusque là, tu es choqué mais ça reste encore soft. Attention à la suite.

Le jour où tu entends un collègue d’EPS (qui a oublié de balayer devant sa porte parce que, pour le coup, il a oublié d’être physiquement intelligent) te dire que « de toute façon, en SEGPA, ils sont finis au pipi. ». Ce jour là, j’étais TRÈS fâchée. Evidemment, les 3/4 collègues autour ricanent.

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En règle générale, quand j’entends des « ah t’arrives à faire ça avec tes SEGPA ? » Je réponds  « oh bah non, nous tu sais on ne fait que des gommettes et de la pâte à modeler » Alors qu’en 3ème je fais des statistiques et on essaie de comprendre Pythagore ! (Mais bon… Ils sont débiles et finis au pipi hein, je le rappelle.)
L’année dernière, on a eu un groupe de 4ème compliquée. Beaucoup de violences, de petite délinquance, de maltraitance parentale et entre ados… Bref. C’est vrai que, même nous, les ens. spé., on a bien transpiré pour maintenir le cap ! Le même collègue d’EPS les avait en cours. Il les a insultés toute l’année, leur faisait s’asseoir sur le banc à ne rien faire pendant 2h (si ça c’est pas de la maltraitance je ne sais pas ce que c’est…). Il a même fini par leur refuser un ballon car des 5ème l’avaient mis sur le toit. Et le comble (accroche ta ceinture…), il leur a refusé un ballon neuf car « Non, je ne vais quand même pas donner un ballon neuf à des SEGPA. »

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Je suis prof principale des 5ème, donc je n’ai pas géré l’incident directement, mais évidemment on en parlait en équipe. Je crois que je n’ai jamais autant utilisé de noms d’oiseaux en réunion d’équipe. J’étais tellement en colère que je commence seulement à décolérer… Ce collègue en question faisait payer aux mômes le fait qu’il les avait le vendredi après midi alors que depuis 15ans monsieur avait son vendredi. MAIS ? C’est à cause de connards comme lui que nous, les enseignants, avons une sale réputation… Ah on ne bosse pas ? Moi j’ai cours 9h-17h tous les jours, y compris le vendredi. Bon je passe là dessus… La suite est tout aussi éloquente…

Fin d’année scolaire, on se réunit pour essayer de mettre en place des choses pour ce groupe de 4ème qui passe en 3ème, baliser les projets et surtout surtout bien cadrer tous de la même manière pour ne leur laisser aucune faille. Du travail d’équipe quoi !
On réunit les PLC qui interviennent auprès de nos élèves. On les interroge sur leur répartition (qui prend quel niveau). Une collègue d’EPS arrivant sur l’établissement avec une santé fragile, on ne lui propose pas de prendre le groupe de 3ème. Logique.
En revanche, à la jeune collègue d’anglais assez fragile, en congé mater + parental depuis bientôt 2ans, qui revient à mi-temps, elle on lui a imposé proposé, cette même classe.
Là, je m’interroge et j’interroge l’équipe d’anglais (et les autres d’ailleurs…). Ouais, je suis un peu du genre à mettre les pieds dans le plat. Elles sont 4 collègues. 2 d’entre elles ont eu cette classe en 5ème et 4ème, donc logiquement, on peut imaginer qu’elles aient envie de « faire tourner ». C’est normal que la charge repose sur toute l’équipe chacun son tour. Du coup, la logique aurait voulu que la 4ème collègue prenne cette classe, en laissant la jeune collègue revenir tranquillement avec une classe plus cool.
Cette même 4ème collègue avait mes 5ème l’année scolaire passée. Ça s’est TRÈS mal passé. En mai et juin, il n’y a pas eu un seul cours sans exclusion d’un ou plusieurs élèves au motif de « fais n’importe quoi » ou « se lève ». Euh…………. Bon bref passons. Et attention, v’la la chute… La collègue en question se lance dans une tirade de justification pour le choix de suivre ce même groupe (Etre leur enseignante d’anglais en 4ème donc.) C’était confus et pas très logique. Et là faut que je vous fasse le dialogue, c’est trop savoureux.
« Bon, désolée, je vais encore passer pour la chiante de service, mais je vais mettre les pieds dans le plat (j’avais promise à la jeune collègue d’anglais que j’interrogerais l’équipe). Je ne comprends pas pourquoi toi, R. tu reprends ce groupe avec qui ça s’est très mal passé cette année, soyons honnêtes. Et pourquoi, de manière très sympathique, vous laissez la classe de 3ème, qui est assez musclée et je mâche mes mots, à H. qui revient juste de congé et qui a clairement exprimé son angoisse et son manque de billes pour enseigner auprès de nos élèves. K. et G. je comprends que vous ne vouliez pas les reprendre, vous avez mouillé la chemise pendant 1 an chacune…
R. –  Ah nan mais tu ne peux pas dire qu’ils n’ont rien fait cette année les 5ème !
Moi – Euh je ne crois pas avoir parlé de ça…
R. – Oui bon euh de toute façon, il fallait choisir, donc MOI entre la PESTE et le CHOLERA, Eh bah j’ai choisi.

… Alors là, franchement, y’a rien à ajouter, j’étais sidérée. Je crois même que je me suis étranglée avec ma salive…

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Et là j’ai répondu :
« Je ne savais pas que nous les PE (prof des écoles) et PLP (prof de Lycée pro) allions en cours avec des masques et des anti-viraux… Ou alors on a des capes de super-héros… Je ne sais pas… Bref, en tous cas, vous faites comme vous voulez, mais je trouve ça dégueulasse d’enfoncer H. en lui donnant cette classe sans même lui laisser le choix et en avoir parlé avec elle avant de lui imposer. »
Les collègues ont répondu qu’elles allaient en rediscuter.
Résultat : Elles ont donné les 5ème (classe très cool) à H., et G. s’est sacrifiée pour prendre les 3ème (Et donc avoir cette classe 2 années de suite…).
Cette merveilleuse collègue, R. n’a pas du mal qu’avec les SEGPA, pour ça je ne suis pas inspectrice donc je ne me prononce pas sur la qualité de ses cours. En revanche, ce que j’observe, c’est que cette personne prend des responsabilités de formatrice ailleurs pour être le moins possible en cours. Stratégie d’évitement. Il y a peut-être des questions à se poser…

En attendant… L’été est passé. On essaie de démarrer une nouvelle année sereinement.

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Moi en congé mater, mais je suis la reprise avec les mails et les échanges avec les collègues. Cette fameuse R. nous a envoyé un mail collectif ce matin. Un mail qui propose une réflexion collective et l’inscription à une formation visant la prise en charge des 3ème (enseignement général et SEGPA confondus, j’imagine) au niveau du décrochage scolaire et pour réduire les inégalités scolaires.

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Là… Je crois que j’ai failli m’étouffer en lisant le mail. Vraiment ? Inégalités scolaires, euh tu veux parler de quoi exactement ? Tu fais que tu dénigres OUVERTEMENT tes élèves ? Ou bien du fait que tu ne fasses pas correctement ton travail ?  Sincèrement, je ne sais pas s’il faut rire ou pleurer…
Ou alors, elle est amnésique. Je ne vois que ça… Ah et quand je suis venue à la pré-rentrée, elle ne m’a même pas dit bonjour. La meuf en est à ce niveau là quand même. #Politesse…
En attendant, sa formation, elle peut se la carrer là où je pense.

Bisous bisous R.

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* Kaarotte, bien bien vénère *

Dans le bus…

Sur mes 3 derniers mois de boulot, je n’avais plus le physique pour y aller à vélo. Alors j’ai pris une carte de bus. Ahhhh le bus… Alors j’ai rencontré un certain nombre de personnes plus ou moins bizarres !

  • Les gens qui éternuent / toussent sans mettre leur main
  • Le mec qui pue tellement que tu dois changer de place
  • Les eleves (bon eux, ils sont souvent mignons).
  • À l’arrêt un gosse de 12 ans avec une clope, il sait même pas la tenir. Il se la raconte quand tu le regardes. Alors tu pouffes de rire.
  • Une vieille qui râle toutes les 3min « on va à l’hôpital hein ?! »
    Parce que le bus a été dévié à cause d’une manif. Ensuite elle râle sur le bébé qui pleure…
  • Le mec qui monte en même temps que toi et qui te file 3 grammes rien qu’à sentir son effluve…
  • La meuf qui prend son petit dej et qui mache comme un hamster.
  • Les poufs de 15/16 ans qui ne laissent pas la place aux personnes âgées ou enceintes
  • La meuf qui est en kit mains libres et raconte sa vie très fort. C’est comme ça qu’on sait qu’elle s’est fait couper les cheveux comme tous les 3 mois, que son mec s’en fout mais pas trop, qu’il veut qu’elle se mette en jupe quand ils vont chez les voisins à l’apéro mais que ça sert à rien parce que c’est la ferme, meme sa mère est d’accord avec elle !  Qu’elle a passé le motoculteur, que sa fille est timide mais elle s’est trouvé un ptit copain au judo, que ses filles s’appellent Amandine et Camille… Vous vous en foutez ? Moi aussi mais comme j’ai subi, je partage ! Ahah
    Et je l’ai eue pendant 15 jours de suite. La moitié du temps au téléphone ou sinon à parler HYPER fort avec une copine. Je n’entendais pas la copine, mais elle… C’est comme ça qu’elle raconte à qui veut l’entendre qu’elle pulvérisé tout le monde d’huiles essentielles, y compris le chat et le chien qui fuient devant son pulvérisateur… La malade mentale.
    Et effectivement le lendemain, la seule place libre était en face d’elle, elle pue les huiles à mort…
  • Le chauffeur qui ne dit bonjour à personne, aucun passager en 15min (donc j’imagine de toute la journée) et qui répond du bout des lèvres à une femme très polie et gentille sur un arrêt desservi par sa ligne ! Je l’ai finalement eu 3 fois cette meme journée. Il a fini par murmurer un bonjour la 3ème fois !giphy-11
  • Le mec qui est à 2 places de toi et qui pue de la gueule à tel point que tu es en apnée…
  • L’odeur infâme d’un mec (que j’ai pris pour une nana au départ) qui ne se lave pas et qui sent en plus la pisse de chat…
  • La meuf qui regarde des vidéos de chats en train de se faire opérer chez le véto AVEC LE SON dans ton dos…
  • Nostalgie dans le bus mais la chauffeuse du bus avec rayban qui chante à tue tête la chanson de Christophe qui passe et que tu n’as jamais entendu de ta vie…Bon je m’arrête là, parce que ce n’est qu’un échantillon, sur une seule ligne, à peu près 10min de trajet à chaque fois. C’est déjà pas mal…                                                                                                                               *Kaarotte prend le bus*

Vis ma vie de prof – La dictée

Pour ceux qui suivent le blog, j’enseigne en SEGPA, avec un public spécifique.

Aujourd’hui dictée. Ouaaaaiiiis ! Evidemment, tu ne peux pas travailler de manière classique avec une classe de SEGPA. Evidemment, tu essaies de réconcilier tes élèves avec l’orthographe et la syntaxe. Ton but étant qu’ils soient lecteurs experts en sortant de 3ème, parce que tu sais très bien qu’ils ne fréquenteront pas vraiment beaucoup les livres après ça.
Lecteur expert c’est quand tu as appris à lire et que tu ne peux plus désapprendre parce que c’est stabilisé. Nombre d’adultes sont sortis de l’école en n’étant pas lecteurs experts et deviennent donc illettrés quelques années plus tard… Les parents de mes élèves par exemple sont souvent illettrés et mes élèves apportent des courriers au collège pour qu’on leur explique.

La dictée bête et méchante, c’est fini. En revanche, des dictées avec des objectifs « ne plus confondre er et é dans les terminaisons » (non ce n’est pas qu’une question d’apprentissage de la règle de l’accord du participe passé… Surpriiiiiise : Ca ne fonctionne pas en SEGPA.), ou « accord sujet verbe » par exemple.

Bref, j’ai une batterie de dictées préparées prêtes à l’emploi. Bien sûr, je ne prétends pas révolutionner l’enseignement du français hein !!! J’essaie juste de faire progresser mes élèves. Compte tenu des résultats et des progrès de mes élèves à chaque fin d’année, on peut dire que ce que je mets en place leur profite.
Donc pour la dictée, mes élèves la copient (elle fait 4/5phrases donc quelques minutes de copie) sur une feuille de classeur, puis ils se concentrent surtout sur les mots qui les bloquent, les accords qui leur posent problème habituellement. Pour les dyslexiques, c’est en fonction de leur niveau de dyslexie. L’année dernière j’avais une élève TRES dyslexique (j’entends par là une jeune qui a 14 ans et qui ne lit que 17 mots / minute : le niveau de lecture d’un petit de CP…).
Ensuite, ils font la dictée au dos de la même feuille avec autorisation de retourner la feuille quand ils sèchent sur un mot. Pour ce faire, il leur suffit de marquer leur feuille avec un bâton. (Le but, plus tard, sera d’avoir le moins de bâton possible.)

Dans ma classe ce matin :

  •  Un élève a l’épaule droite cassée et le bras en écharpe. Il est droitier, ne peut pas écrire, donc il tape sa dictée sur une tablette.
  • Deux élèves sont dyslexiques et ont donc une dictée aménagée. Dictée à trous pour alléger la tâche.
  • Une élève absente arrive en cours de classe et rattrape donc son évaluation de lecture sur tablette, pendant que les autres font la dictée.
  • Un élève portugais et un élève turque ont besoin qu’on prenne le temps et qu’on articule bien précisément.
  • Les dix autres fonctionnent de manière « normale ».

Et tout ce joyeux petit monde réussit et progresse !!!
Voilà donc une séance « classique » de dictée dans ma classe.

*Kaarotte-maîtresse comblée*

Chronique de la jeunesse du 21ème siècle

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Je ne sais pas si certains d’entre vous ont vu cette vidéo de périscope d’une môme de 13 ans. (Partagée sur Facebook par une de mes contacts, Gaby coucou !).

C’est symptomatique de la génération 2000. J’enseigne auprès des ados depuis quelques années maintenant. Mes élèves sont en grande difficulté scolaire, les travers adolescents ressortent d’autant plus chez eux. C’est leur manière d’exister. Quand ils sont timides ils le sont à l’extrême, quand ils sont vulgaires, tu updates ton dictionnaire personnel…

De la même manière, on sent ces jeunes en danger. Dans la vidéo, la jeune parle d’une môme de 10 ans qui aurait couché avec un gitan dans les bois. Bon. Soyons d’accord. C’est malheureusement probable. Il y a qqs années j’avais eu une gosse dont la première fois s’était déroulée dans les bois, en train de lire ses sms pendant que le mec faisait son affaire, sans capote et sans amour… Ou une autre qui était là en 6ème puis a disparu dans l’été car mariée à son cousin…

Du coup, il y a un énorme besoin et des milliers de questions en attente. C’est en ça que je me sens utile. Quand tu es enseignant dans ces sections, tu es éducateur aussi.
Quand on fait « éducation sexuelle », prévention, sciences, bref tu l’appelles comme tu veux mais pour moi c’est bien de l’éducation sexuelle, tu te rends compte de la misère d’information dont ils disposent et le danger d’autant plus grand auquel ils s’exposent quand ils entrent dans la vie amoureuse physique.
Mes cocottes de 3 ème, l’année dernière, quand je leur ai dit que mon premier bisou avec la langue, c’était à 15 ans et mon premier sexe, c’était à presque 18 ans, elles étaient choquées. Genre « mais vous êtes jeune, 18 ans c’est vieux… Comment ça se fait que vous ayez pas couché avant ? »
Comment ça se fait… C’est pas normal pour elles. Elles se sentent pressées de le faire tôt, de brader leur virginité comme si c’était quelque chose dont il fallait se débarrasser rapidement parce qu’on a honte de l’avoir…

Alors, tu leur expliques la norme qui n’existe pas, les sentiments qui sont plutôt sains de ressentir quand tu veux « coucher » avec un garçon, que leur corps leur appartient, qu’elles ont le droit de dire non. Tout ça quoi… Tout ce qu’une mère, une grande soeur, une tante, une cousine devraient leur dire. Mais ces femmes là n’ont pas ces codes non plus.
Toi, tu marches sur des oeufs parce que quand elles rentrent chez elles, certaines mères disent qu’on raconte n’importe quoi…
Et pendant ce temps là, mes plus petits (12ans) pensent que les bébés sortent par les fesses… Tilalilalou…

Certains s’inquiètent de ce genre d’attitude en disant « Faut pas s’étonner si elles se font emmerder au collège après. »
Ah mais ces petites ne se font pas emmerder !!! Ce sont elles qui emmerdent et qui se font virer de 3 bahuts en 4 ans… Elles sont fières de leur réputation. Elles arrivent dans un nouveau collège et leur réputation les précède. Elles ont déjà été contactées sur Facebook (elles acceptent tout le monde… La gloire !). « La nouvelle elle a cassé la gueule à plein de monde. » Et en une seule récré, c’est parti !
Elles sont capables de te dire que ça leur casse les couilles et quand tu leur fais remarquer qu’elles n’en ont pas, on te répond effrontément « ouais, mais j’ai la place où les mettre » (Véridique ! De la bouche d’une de mes 3 ème de l’année dernière qui a quand même répondu ça au principal du collège !!!)

D’autres s’insurgent : « Mais où sont les parents ? »
Ils sont là et bien là, parfois ce sont eux qui font irruption dans le bahut pour faire justice eux-même (avec des gosses de 14 ans oui oui…) n’ayant aucune confiance dans le système.

Alors je ne dis pas qu’il faut s’habituer, être blasée, ou baisser les bras. Non. Personnellement, je continue à faire ce en quoi je crois. J’essaie de transmettre des valeurs. Je sais qu’on ne peut pas tous les sauver, mais ceux qui s’accrochent, qui gardent le lien avec toi, je ne lâche pas l’affaire. J’assure même le service après vente. 🙂

*Kaarotte-pas-désabusée*

Hibernatus

L’hiver c’est pas ma saison détestée mais c’est pas ma saison préférée non plus hein.
Enfin, j’aime bien la neige, les chocolats chauds, les gants et les écharpes, mais je n’aime pas les corps affaiblis par les virus…
On est au plus bas des défenses immunitaires, on est à plat, on veut dormir H24.
Pendant les vacances, je voulais faire 1000 trucs à commencer par des cartons, du rangement, du tri et de la couture. Je n’ai strictement rien fait DU TOUT.

Enfin si, j’ai fait une seule et unique chose : j’ai dormi.

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Mes vacances, je les ai passées à dormir pour de vrai… Bon j’ai profité de mon filleul aussi, j’aurais aimé faire plus de choses avec lui, mais quand les grands sont fatigués, les petits ne sont pas à la fête comme on dit.

Ma Caille a une théorie. L’humain, bien qu’humain devrait respecter le rythme de la marmotte. A savoir : HIBERNER.

Et je plussoie !!! Evidemment, c’est la solution. Honnêtement, je veux bien travailler 1 ou 2 semaines de plus en juillet (quand notre système est beaucoup moins fatigué) et avoir des semaines de plus en hiver (3 à Noël et 3 en février) comme ça je m’engrotte dans ma couette et je DOOOOORS.
Ce serait vraiment bien ! Après, je comprends la galère des parents non enseignants pour faire garder les enfants etc… mais avec un système de colo / centre aéré il y aurait carrément moyen.

Pendant ce temps, les organismes se reposent durant cette période sans soleil, fatigante et usante.
Et dire que je rédige cet article à la veille de la reprise avec mes yeux qui clignotent à 22h30… Il va falloir se trainer sous la couette je crois bien.

Allez, bonnes vacances les parisiens et bon courage pour la reprise les autres copains.

Bisous !

*Kaarotte*

Et puis plein de bonnes choses hein…

Bon, est-ce que je fais cet article tous les ans ? Peut-être. Mais pourquoi ? Parce que je ne supporte pas les voeux.
C’est une tradition hypocrite.
J’en ai discuté avec un collègue qui me dit « bah c’est comme la politesse, c’est hypocrite… » Bon alors là je dis non.

La politesse, c’est de l’éducation.
Les voeux, c’est une tradition.

On la respecte ou pas. Les gens, je les respecte. Les traditions, c’est surfait (enfin surtout celles que je n’aime pas. Ahah… #hypocrisie)
Les voeux souhaités par des gens qui n’en ont rien à f…. pour des gens dont ils se contrefichent le reste de l’année, je trouve que c’est un manque de respect sans nom.
J’ai plaisir à souhaiter les voeux aux gens que j’apprécie. J’adore même envoyer des cartes, tradition qui se perd (ouais, je sais, ne relis pas 4 lignes plus haut…)

En revanche, dire bonne année, avec des bruits de bisous dans le vide au collègue en survêt’ (comment tu as deviné qu’il était prof de sport ?) qui te souhaite « le meilleur et surtout, plein de bonnes choses »

THANKS, BUT NO THANKS.

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Cette année, des collègues que j’apprécie vraiment m’ont envoyé leurs voeux avant la reprise, des voeux sincères auxquels j’ai répondu chaleureusement parce que je les aime beaucoup.
Pour les autres, j’ai développé une stratégie d’évitement. Et ça a marché.

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Après, je sais pas vous, mais répondre « merci, toi aussi » sur le même ton que quand je réponds à « bon week-end », et surtout voir leur tête déconfite, ça m’a fait beaucoup rire cette année.

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Bon allez, vous je vous aime bien. Et comme la tradition c’est de se les souhaiter jusqu’au 31… Bonne année ! La meilleure que vous souhaitez.
Et surtout plein de bonnes choses…

Bisous qui font du bruit dans les airs.

PS : Et Papa… Si jamais tu passais par là, ce n’est pas parce qu’on ne t’appelle pas pour te souhaiter la bonne année le 1er qu’on ne t’aime pas. Bisous, je t’aime.

☆Kaarotte☆