Parentalité positive (2)

Je ne vous cache pas que je réfléchis beaucoup ces derniers temps sur l’éducation. Je me renseigne encore et toujours, au jour le jour.

Alix entre tranquillement dans la phase « terrible two » autrement dit « phase d’affirmation du caractère dont on se passerait bien mais qui est bénéfique et constructive pour notre tout petit. » ou encore autrement « Mais est-ce que mon enfant s’arrêtera de crier un jour ? »

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Spoiler alert : oui. Mais faut pas trainer à réagir par contre !

Plus sérieusement, je veux quelque chose de différent pour ma fille parce que j’ai eu des manques dans l’éducation que m’ont donnée mes parents, manques dont j’ai cruellement souffert.
Je n’ai que très peu de souvenirs de marques d’affection et plus du tout après la puberté (d’ailleurs je n’ai aucune photo de câlins ou de bisous avec mes parents). Je n’avais pas confiance en moi. On n’était que très rarement encouragés. Par contre, on était très souvent brimés ou on recevait des « Tu peux mieux faire. » « 17 ? Et il a eu combien machin ? » ou des « C’est normal. » ou « Encore heureux que tu aies réussi ! »
Cette partie de mon éducation m’a construit une image très négative de moi même et ultra-perfectionniste. J’ai mis plusieurs années à m’épanouir et à avoir confiance en moi, voire être fière de moi.

L’éducation positive, en ça, m’attire beaucoup parce que la valorisation de l’enfant est au centre. Le féliciter pour ses réussites. L’encourager. Le pousser à donner le meilleur de lui-même. L’aider à se rendre compte qu’un travail abouti est quelque chose de gratifiant si l’on a fait de son mieux. Et surtout, que l’on peut être fier de ce qu’on a accompli.

En revanche, récemment, j’ai vu des vidéos de parents qui témoignent de leur manière d’éduquer en « éducation positive ». Enfin, leur version de l’éducation positive.

Je ne vais pas porter de jugement. Je vais juste expliquer ce qui me déplait dans cette vision de l’éducation.
Une maman témoigne en disant qu’elle ne contraint pas ses enfants. Elle ne leur dit jamais « Attention, c’est dangereux. » ou « Non, ne fais pas ça. » Elle explique qu’elle leur amène les choses sous forme de questionnement.
Exemple : On arrive auprès d’une route à traverser. Elle ne va pas leur dire « attends, donne moi la main, c’est dangereux, on va traverser ensemble. » Mais elle leur dira « On arrive près d’une route, qu’est ce qu’on doit faire ? »
Sincèrement, si ça fonctionne avec ses enfants, tant mieux. Mais je ne garantis pas que ça fonctionne avec tous. Donc pour moi si on ne peut pas généraliser, je ne considère pas ça comme un principe ou une méthode d’éducation.
Je pense que cette maman a beaucoup de chance d’avoir des enfants calmes et à l’écoute. Je pense que si elle avait eu un enfant hyperactif par exemple, elle n’aurait pas du tout le même discours. Ou même juste un enfant dynamique, naturel, tellement heureux de vivre qu’il oublie les règles de sécurité parce que oui, c’est un enfant et on doit le leur rappeler souvent… Mais si… Vous voyez très bien. Le petit garçon qui a de l’énergie à en revendre, qui court dès qu’il a 4 mètres de liberté devant papa et maman. A qui on doit dire « Tu t’arrêtes bien au poteau mon grand !!! ». Bah oui, lui. Et bien lui, on lui a appris à s’arrêter au poteau parce que OUI la ville c’est DANGEREUX. Oui, on a posé une contrainte, une limite. Oui on lui apprend que les autres ne font pas forcément attention à lui et qu’une voiture ne le verra pas dépasser de son capot.
Je trouve ça super de les éduquer sans contrainte, mais qu’adviendra-t-il le jour où ils vont être confrontés à la contrainte ? Aux règles de collectivité ? A l’école ? A l’autorité d’un patron ?
Certains parents positifs disent que contraindre, c’est asseoir son autorité, et par autorité  ils entendent autoritarisme. C’est une vision des choses. Mais est-ce qu’ils savent qu’il y a contraindre et contraindre ? A les écouter on dirait qu’on attache nos enfants les mains dans le dos et on les fouette au martinet…

En outre, ces parents sont fiers de partager leur vision de la parentalité. Je  trouve ça super de partager les expériences, au contraire. Mais sincèrement, ça fait quand même un peu « moi j’suis un super parent et toi c’est quoi tes résultats avec ta méthode de merde ? ».

Ces super-parents ont des comptes Facebook et instagram publics ultra suivis.
Et donc, publier des photos à visage découvert de leurs enfants sur des comptes aussi suivis, ça ne leur fait pas peur ? Honnêtement, on peut se revendiquer parent positif, ne pas contraindre ni punir son enfant mais, à l’heure du cyber-harcèlement, des malades mentaux qui récupèrent des photos sur le net, bafouer un droit fondamental (à mon sens hein…) comme le droit  l’image et publier des centaines de clichés de ses mômes à visage découvert dans leur activité sportive (en tagguant bien le nom du club sportif comme ça au cas où on voudrait enlever votre gosse on n’a plus qu’à rentrer l’adresse dans le GPS.), c’est pas vraiment responsable et positif comme manière de fonctionner… C’est même un tout petit peu violent non ?

Je sais bien que chacun fait de son mieux et sincèrement, il n’y a pas de mal à vouloir ce qu’on estime le mieux pour son enfant.
Mais venir se poser en donneur de leçon #superparent #jfaismieuxquetoi je trouve ça juste pathétique en fait. Et montrer ça à ses enfants, je trouve que ce n’est pas être un bon éducateur. Chacun fait du mieux qu’il peut. Si tu n’as pas confiance en toi, l’énorme complexe de supériorité n’est franchement pas la solution. Pour une fois, cher parent positif, on va dire non. Allez. Répète après moi :

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*Kaarotte-positive*

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Ta mère !

Le fil de ma réflexion de mère se croise forcément avec mes souvenirs d’enfance et l’éducation que j’ai reçue. J’échange beaucoup avec ma Chouchoum à ce sujet parce qu’on a eu (à peu de choses près) les mêmes parents.
Il y a beaucoup de choses pour lesquelles je suis capable de remercier mes parents. Le fait de nous avoir fait voyager un peu partout dans le monde du fait du travail de mon père, les découvertes culturelles et musicales, l’ouverture d’esprit qui en découle… Tout ça je suis ravie de le porter en bagage et de le transmettre à Alix.
Et puis il y a le reste.
On se disait justement hier après-midi avec Noëmie que les pleurnicheries-maniaco-dépressives de nos mères nous étaient insupportables.
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Non.

Clairement, on n’a pas demandé à venir sur cette planète donc si tu peux remballer tes humeurs merci bien…

Un enfant n’est pas le défouloir de tes humeurs quand tu as passé une journée de merde. Chose que nos daronnes n’ont pas tout a fait intégré en fait.
Voire pas du tout.
Elles étaient mères au foyer. Bon jusque là, dans la génération de nos parents ce n’est pas complètement délirant, surtout avec un père militaire, donc des mutations, donc la difficulté à quitter un emploi pour en retrouver un autre à l’autre bout de la France, voire à l’étranger parfois.
Ce serait acceptable si ma mère avait été une VRAIE mère au foyer. C’est à dire qui s’occupe de la maison, du linge, de nous… Je me rappelle encore faire le ménage avant que la femme de ménage ne vienne à la maison en sortant de ma journée de cours…
Oui. On a eu une femme de ménage. Avec ma mère qui fumait ses clopes sur le balcon… #memepashonte
Rétrospectivement, j’hallucine totalement et je déculpabilise d’avoir un intérieur un peu plus en bazar que ce que j’aimerais. A l’époque, j’ai quand même osé demander à quoi ça servait de payer une femme de ménage pour nettoyer quelque chose de propre. Accessoirement, j’aurais bien kiffé récupérer les tunes moi vu que je me tapais la sale besogne.
Bref, passons.
Jusque là encore, je ne dis pas que c’est acceptable mais ça aurait pu encore passer.
Mais non.
Il fallait que ces dames se plaignent.
Beaucoup.
Très fort.
Et à qui voulait bien les entendre. Je crois que ma mère ne se rendait pas compte à quel point en se plaignant comme ça autour d’elle, elle passait pour ce qu’elle était : une mauvaise mère.
Elle voulait se faire passer pour la victime, ayant des enfants ingrats qui ne l’aimaient pas… Mais pendant qu’elle geignait chez la voisine en buvant son café, j’étendais la lessive, je m’occupais des devoirs de mon frère et je préparais à manger pour la famille. Donc, ouais. Une mauvaise mère.
Evidemment, c’aurait été trop simple que ça s’arrête là. Non, bien entendu. Nos mères avaient la fâcheuse habitude de nous faire culpabiliser en nous disant qu’elles sacrifiaient beaucoup pour nous. Qu’elles SE sacrifiaient même.

Mais grognasse, si tu as raté ta vie, ça ne tient qu’à toi de bouger les choses pour la faire changer.
« J’ai sacrifié ma vie pour vous. » Ah ouais ? Qu’est-ce que tu appelles un sacrifice concrètement ? Ne pas regarder ton épisode de Derrick jusqu’à la fin parce que tu dois venir nous chercher à l’école ?
Ou bien celui d’Arabesque (J’suis pas raciste !). Ah bah non, faudrait pas louper Jessica Fletcher pour mettre le hachis Parmentier au four surtout !

Non mais sincèrement, je suis assez acide à ce sujet mais les meufs… Soyez juste honnêtes avec vous-mêmes (et avec nous !). Vous n’avez rien sacrifié du tout. Vous vous êtes juste conformées à une norme. Faut faire des gosses, on va en faire. Limite ça on pourrait l’entendre. Les années 80 toussa toussa. On pourrait même compatir (si, si… avec de gros efforts on pourrait !). Mais se venger gratuitement, sur des gosses qui n’ont rien demandé à personne… Comme dit ma chouchoum, leur vie, elles l’ont voulue. Faire des gosses pour avoir l’excuse parfaite pour ne pas avoir à aller bosser. « Ô que oui, 3 enfants c’est du boulot hein ! » Qu’est ce que t’en sais ? C’est même pas toi qui te coltinais les réunions parents profs de CP de Xavier…
Assume d’être une énorme feignasse. Au moins, tu ne passeras pas pour une menteuse pathologique aux yeux de la planète entière…
Et puis, de notre point de vue d’enfant, quelle MAGNIFIQUE manière de se sentir désiré.

Le point positif dans tout ça, c’est que je sais clairement ce que je ne veux pas pour Alix, et ce que je dois faire pour ne surtout pas être comme ma mère.
Alix sera peut être un poil pourrie gâtée, mais au moins elle ne subira pas ça. Je lui raconterai en temps voulu, mais dites vous bien que dans une seule journée, elle entend plus de fois « je t’aime » que je ne l’ai entendu de mes 2 parents dans toute ma vie…

Alors en terme de « parentalité positive » je pense que je ferai toujours mieux que ma mère.

*Kaarotte un peu vénère*

C’est non !

A un moment il faut savoir dire stop.

Il suffit de la générosité de l’âme, du bon samaritain, trop bonne trop conne toussa toussa quoi.
En vérité, ça fait plusieurs jours semaines mois (peut-être même années) que je me remue les méninges avec ça (ouais expression 1930 que j’assume totalement).

Tu donnes de ton temps, de ton énergie et t’es déçu. Systématiquement. Je sais qu’il ne faudrait pas que ça me mine. Mais ça me touche trop.
Encore une fois, c’est toi la méchante. C’est toi l’ingrate. Tout ce que t’as envie de dire c’est « FAIT CHIER ! » (Spéciale dédicace Nomi !)
Quand ce sont des gens qui sont plus ou moins proches, des potes, des connaissances. Tu peux les éloigner.
Tu peux envoyer un message à une copine parce que tu sais qu’une autre la vampirise sans histoire de jalousie ou autre. Juste par de la manipulation pure. Toi de l’extérieur tu es bien placée pour voir le petit manège.

En revanche, quand c’est au sein de ta propre famille, ça devient plus compliqué.
Depuis que je suis devenue parent (ouais pas juste maman, « ouh la la je suis maman coeur coeur gif à paillettes » mais parent au sens responsable affectif, légal et financier d’un petit être et de son développement), il y a des choses qui ont changé dans mon esprit. Par exemple, il y a beaucoup de choses que je ne veux plus supporter. Je ne veux plus perdre mon temps. Je ne veux plus qu’on m’impose des personnes qui me rendent mal à l’aise. Je ne veux plus qu’on me convoque à des conseils de famille débiles tout ça parce qu’on n’est pas capable de communiquer simplement avec des mots d’amour. Et surtout, je ne veux pas imposer tout ce fonctionnement malsain, biaisé à ma fille.

Pendant longtemps, je déifiais mon père. J’ai retrouvé des écrits (pas si vieux que ça d’ailleurs…) où je tenais ma mère pour unique responsable. Et finalement, le temps fait son office et les choses s’équilibrent.
Suite au décès de ma mère (j’avais écrit « au décès de mon père »… OUPS lapsus !) mon père est tombé de son piédestal. On a toujours été super réglo avec lui, parce qu’il imposait ses règles. On a toujours été ouverts à l’accueil de ses compagnes. On s’est toujours comportés respectueusement, « correctement » (c’est son mot. « Vous vous comportez correctement. ») voire bienveillants et heureux pour lui.

Tu essaies de faire avancer les choses de ton côté. Mais finalement, tu te rends compte qu’un certain nombre de choses bloquent.
Mon père est bloqué en mode « LE père / Chez lui / ses règles ». Très bien. Je respecte. Bon bah je tente : Chez moi, mes règles. Ah Bah il ne vient pas chez moi… OK… 1er écueil.

2ème écueil : La manipulation par le chantage affectif.
« Vous ne venez jamais nous voir. »
« Caroline, elle envoie jamais de message »
« Caroline elle ne partage rien de sa grossesse. »
« Ca sert à quoi d’avoir acheté une maison aussi grande si vous ne venez jamais ». Toutes ces phrases distillées par la femme de mon père depuis ces 2/3 dernières années me pesaient mais je ne savais pas vraiment pourquoi. Enfin si parce que premièrement c’est faux.
Caroline, elle a bon dos.
Caroline, elle en a plein le uc d’être le bouc émissaire.

Et puis, au gré de mes recherches pour comprendre, je suis tombée sur un article sur la manipulation. Et ces mêmes phrases sont sorties dans l’article. Evidemment, je sais ce qu’est un manipulateur / pervers narcissique, je les ai étudiés en cours.
Et maintenant que je lis et j’identifie, tout s’éclaire. Le pervers narcissique jalouse une qualité, une compétence ou des traits de caractère qu’il veut s’approprier. Ses victimes deviennent responsables de tous les maux. Le pervers ne remet jamais en question sa culpabilité. Il se cache même derrière des qualités qu’il se prête alors qu’il aimerait les avoir. « Moi, je suis trop généreux » « Je vais arrêter d’être trop gentil. »

Bon, j’ai plus ou moins digéré Noël (au bout de 5 mois, il était temps). On y retourne (on a été convoqués à un conseil familial…). Je me fais saucer pour une sombre histoire de nourriture que mon chéri ne mange pas (il est allergique au poisson) et que de toute façon si c’est ça il faut venir avec sa lunchbox, et que je fais des réflexions désagréables (la faute à qui…). Euh les gars j’ai juste dit « T’as fait du poisson ? Etienne ne mange pas de poisson ! » Y’a quoi de désagréable la dedans ?
Alors ouais, j’aurais peut-être dû faire des simagrées et des « bonjouuuuur » avec des grandes embrassades et des grands sourires. Clairement, ça ne me faisait pas plaisir d’être là. Pourquoi mentir ? Je ne vais pas en rajouter des caisses.

souffrir
Et puis, on nous a accueilli avec un bonjour nous ? Non. On a été accueilli par un « Oh mais j’aurais préféré que vous ne passiez pas par là ». Le « par là » en question étant la porte fenêtre parce que la porte d’entrée est condamnée par un meuble. Oui, oui, vous lisez bien. Si ce n’est pas symbolique ça !!! PORTE D’ENTREE CONDAMNEE.
Ou comment mieux te dire « Vous n’êtes pas les bienvenus ».

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Le petit côté harcèlement s’insinue tranquillement « Ouais, j’ai une bonne mémoire, de toute façon vous venez tellement peu souvent que c’est facile de s’en souvenir. »
Et toi, tu continues à regarder la purée de ton bébé réchauffer, sans rien répondre.
Qu’est ce que tu veux répondre ? De toute façon, t’as tort et tu seras forcément la méchante dans l’histoire.

Donc nous avons à faire à une belle paire d’égoïstes. (Tu as raison Océane !).

En revanche, j’en ai fini de la remise en question perpétuelle. Je ne suis pas parfaite, mais là pour le coup, ce n’est pas moi le problème.

Si la mort de ma mère m’a bien appris une chose, c’est celle-ci. J’ai souffert de sa maltraitance psychologique pendant des années, pour autant (et je n’attends aucune médaille ou félicitations, je l’ai fait, pour elle, pour ma soeur, pour mon frère et pour moi), je me suis quand même occupée d’elle comme curatrice. J’ai tourné la page de l’enfance en espérant écrire une nouvelle, loin de toutes ces souffrances. Elle est décédée en ayant fait la paix avec nous. C’est tout ce qui compte.

Pour ce qui est de mon père. Je lui ai écrit une lettre que je n’ai pas encore postée. J’attends sans doute de voir si ça se débloque avant de lâcher l’artillerie lourde.
Une nouvelle copine Twitteuresque (Coucou Marie !) m’a conseillé de lui demander de le rencontrer seul et lui livrer ce que j’ai sur le coeur. Peut-être. Je n’y avais pas tellement pensé, parce que pour l’instant c’est quasiment inenvisageable de le voir seul (déjà qu’ils ne viennent même pas en couple jusque chez nous, alors seul…).

Bref. Je ne veux pas priver ma fille de ses grands-parents, mais s’il s’agit de pleurer pendant 5 mois pour des comportements aussi égoïstes, je raccroche les gants. Tant pis. Je mettrai de la distance. Je nous protègerai.

Le don de soi a ses limites. N’est pas Otis qui veut.

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*kaarotte*

 

 

J’ai hésité un moment avant de rédiger cet article. Je ne savais pas si j’étais entièrement dans le vrai et avant d’asséner des vérités, enfin plutôt ma vérité, j’aime autant prendre du recul. Sauf que là ça m’énervait de plus en plus. Je n’arrivais pas à prendre le recul nécessaire sans monter dans les tours. Je tourne en boucle depuis Noël. J’ai eu besoin d’avoir l’avis des copines. Et finalement en en discutant avec les-dites copines, (plusieurs, et des biens !) je me rends compte que ce n’est pas moi qui pense de travers.
Alors go ! Je partage avec vous.

Globalement les gens malfaisants, poisons, nocifs, tu les évites. Naturellement, tu as un instinct de protection et de défiance envers l’autre, celui qui peut te vouloir du mal (sauf quand ce sont des manipulateurs #perversnarcissique mais ceci fera sûrement l’objet d’un autre article). Moi je suis plutôt sociable, j’ai le contact humain facile. Ça ne me dérange pas d’engager la conversation avec le voisin de salle d’attente. Après, il n’y a pas d’obligation de leur parler à ces gens. Si tu tombes sur un connard, tu passes ton chemin. Ton ex était un con, tu l’enregistres sous « ne pas repondre » et tu bloques son numéro (2 précautions valent mieux qu’une).

Mais quand ce sont certains de tes proches qui sont des connards ? Tu fais comment ? Tu ne peux pas vraiment passer ton chemin. Elle est écrite où l’obligation sociale de se faire du mal ? Il y a un livre ? Un code de conduite ? Le grand bouquin de « tiens fouette-toi ça fait circuler le sang » ?

Pourquoi traiter différemment ses parents s’ils nous font du mal comme un quidam lambda ? Le quidam, on l’aurait éjecté de notre vie bien vite avec la belle étiquette de connard collée sur le front s’il nous avait fait le quart du dixième du mal que les parents nous font parfois. Alors que quand c’est ton paternel tu hésites à le faire. Tu te dis que « Ça se fait pas »…

Parce que ça se fait d’imposer ton mode de vie, tes choix, ton opinion sous prétexte que tu es LE parent ? Sans écouter celle de ton/tes enfant(s) ça va sans dire…
Évidemment c’est ton pere / ta mère, tu te dis que tu es obligée de fonctionner avec son caractère et sa façon d’être. C’est vrai. Que tu n’en as qu’un. Oui. C’est vrai aussi. Mais tu n’es pas obligée de te l’imposer comme une croix à porter.

Quand ça fait 15 ans (Ouais ça a réellement fait 15 ans cette année happy birthday mon frère et ma soeur !!) que tes Noëls sont pourris parce que tes parents se sont séparés le lendemain de Noël. Quand ça fait 15 ans que tous les ans tu te dis « allez cette année ça va être génial, que tu fais mille cadeaux, que tu personnalises, que tu t’arranges pour que tout le monde ait LE truc qu’il/elle voulait… Et que tu te retrouves avec une machine à bracelets brésiliens… #salutjai9ans #jesuisbraceletbresilien

Tout ça parce qu’on t’a vue en faire un à ta soeur 2 mois plus tôt et que « non moi je ne regarde jamais les listes d’idées cadeaux parce que j’ai toujours des idées, je CONNAIS les gens ». Ah ouais tu veux dire comme cette année ? Quand tu as eu l’idée de ne pas faire de cadeaux par exemple ? Salut les gens, je vous présente ma belle-mère et sa logique de ouf.

Alors oui je sais c’est pas bien de se plaindre, il y a des gens qui passent Noël seuls, tristes, sans cadeaux . Bah franchement, passer noel rien que la fratrie et les amoureux/ses et se faire plaisir avec une bonne bouffe et de la rigolade, ou passer Noël en « famille » et chialer pendant 2 jours et traîner une colère et une rancoeur pendant un mois… Le choix va être vite fait.

Je crois que je me suis encore trop investie (et pas que dans mes cadeaux) cette année. Même sans budget (because on prend un congé parental pour élever notre petite fille donc on met un maximum de côté avant le congé, logique; enfin tu le sais petit lecteur parce que tu as lu article sur mes cadeaux de Noël) j’ai réussi à en faire plus qu’eux…

Je suis donc totalement écœurée.

Et attention ne vois pas là la complainte d’une petite fille pourrie gâtée petit lecteur. Dans les trucs qui me feraient plaisir en ce moment, il y a des cartes plastiques pour ma lightbox à 9€. Je ne crois pas éclater le budget avec 9€. Mais ce n’est pas d’argent dont je veux parler. On sait bien que l’amour ne s’achète pas avec des cadeaux, ni de l’argent. Je pars du principe que quand tu aimes les gens c’est facile de savoir ce qui leur fait plaisir parce que tu les écoutes, tu notes même en scred dans ton téléphone pour ne pas oublier, ou tout bêtement tu leur demandes ce qui leur ferait plaisir…

L’idée c’est bien ça. Que la personne à qui tu offres le cadeau soit contente.

Et puis cette année à la limite, puisqu’ils n’avaient soit disant « pas d’argent à mettre dans les cadeaux » (je l’ai appris une semaine après Noël de manière détournée), eh bah on affiche la couleur AVANT. Personne ne fait de cadeaux mais on passe un super moment ensemble. Non seulement il n’y avait pas de cadeaux mais en plus il n’y a pas eu non plus de bons moments. Même pas une partie de dominos ou un jeu de cartes…

Alors certes, je ne buvais pas parce que j’allaitais (les fêtes familiales passent quand même mieux quand tout le monde à picolé un ptit coup. Il faut avouer qu’un montbasillac, un jurançon ou un petit coteau a un effet embellisseur sur le rire de la belle-mère), mais en plus de ça, on ne m’avait même pas prévu un jus de fruit ou un coca…

Ma soeur se fait traiter de diva parce qu’elle mange sans gluten et qu’il lui faut un purée sans moutarde ! (Elle est intolérante ALLO !). 1) d’où tu mets de la moutarde dans ta puree Et de 2) pourquoi tu ne fais pas quelque chose que tout le monde puisse manger ?

Ah mais jai la reponse à ces questions : 1) parce qu’elle a mauvais goût Et 2) Ah bah parce qu’ils sont égoïstes !!! Ils veulent se faire plaisir à eux avant tout. Mais les 364 autres jours ne servent-ils pas à ça ? J’ai envie de te dire que ok si vous ne vouliez pas qu’on vienne fallait le dire !!!

Et bien détrompe toi petit lecteur… il paraît même qu’on ne vient pas assez souvent et que c’est limite s’ils ne regrettent pas d’avoir acheté une maison aussi grande parce que bon y’a personne à venir les voir… voilà quoi ! Ma chouchoum qui me dit « C’est énervant cette attitude de ne pas se bouger et d’attendre que les autres viennent. Genre y’a que toi qui as de la tune à dépenser en essence ou en train. »

Bah ouais. On ne veut pas de vous mais il faut que ce soit vous qui veniez…

Tu le sens arriver le paradoxe petit lecteur ?! On fait tout notre possible pour être débarrassés des derniers enfants encore en étude maiiiiis on leur reproche bien comme il faut de ne pas venir nous voir.

Alors là, il faut qu’on debriefe. Mon père m’a dit une fois que c’étaient les enfants qui viennent chez les parents, pas l’inverse. Ah ouais ? C’est écrit où ? Y’a une règle ? Mais quand ta femme, ça la fait chier de nous avoir chez elle on fait comment ? Ils ont dit à mon frère que la raison pour laquelle ils ne venaient pas chez nous c’est parce qu’ils ne voulaient pas « s’incruster »… T’as raison… Ce sont les tâches qui s’incrustent. Vaut peut être mieux pas en fait.

Là ça veut dire qu’ils ne savent pas qui tu es. Une fois une copine avait dit « Chez Caro c’est la maison du bonheur ». Un chat qui passe je le ramasse. T’as qu’à demander au Tyran ou à ma Caille, elles te diront leur ressenti sur l’accueil ici. J’adore avoir tout mon petit monde avec moi, faire à manger. Voir les gens heureux, avoir des fou-rires avec des vidéos débiles, faire des gâteaux avec mon fillot, arriver en courant de la cuisine parce que tu entends que quelqu’un raconte un truc drôle et te marrer avec tout le monde… Bref la vie quoi.

Résultat. On m’a pourri le premier Noel de mon bébé mais comme a dit ma soeur « Alix heureusement ne s’en souviendra pas ».

C’est ça. Heureusement qu’elle ne se souviendra pas des larmes de tristesse de sa maman. C’est con à dire, ma mère a fait beaucoup d’erreurs, je n’ai pas que de bons souvenirs avec elle mais avec elle Noël c’était Noël.

À chaque Noël qui revient, c’est mon âme d’enfant qui résonne. J’aime les lumières, les chants de Noël, les pâtisseries, la décoration du sapin et de la maison. Et chaque année, j’y crois fort. C’est la déception générée par l’ascenseur émotionnel qui s’échappe au travers de ces larmes.

C’est donc décidé. Noël ne sera plus cette obligation de simulacre de fête familiale et surtout Noël ne sera plus synonyme de larmes de déception.

« Mais tu comprends pour moi Noël, c’est la famille et tous les ans ils gâchent tout. » C’est ce que j’ai dit à mon chéri entre deux sanglots.

Je l’entends me repondre tout bas en me serrant dans ses bras : « Mais maintenant on est une famille nous. » ❤

Alors c’est décidé.

J’entendrai des rires enrobés de farines de sablés de noel que je ferai avec ma nenette. Je guetterai les milliers de paillettes dans ses yeux quand elle verra les cadeaux au pied du sapin. On rigolera à jouer avec elle toute la matinée de Noël et tant pis si on est encore en pyj à midi et que le déjeuner n’est pas prêt avant 14h. C’est bien de respecter les traditions. Mais c’est surtout bien de transmettre et partager de l’amour, des rires et de la joie.

*Kaarotte qui vous souhaite d’avance un Joyeux Noël 2017*

La vie n’est pas un long fleuve tranquille

J’ai pour coutume de dire en parlant de mes élèves que certains d’entre eux ne sont pas nés dans une famille qui favorise l’épanouissement et l’évolution personnelle positive. Autrement dit, certains parents poisons plombent (consciemment ou non) leurs gamins.

1) je trouve ça d’une tristesse…
2) attention je ne fais pas de déterminisme social

Pour illustrer ce constat, laissez moi vous conter une balade au parc avec ma caille et mon fillot.

La ville a installé une super structure de 2 à 16 ans en centre ville au milieu des arbres avec un petit point d’eau, des tables de pique nique, des toilettes publiques etc… Bref, c’est top. On y va donc une fin de matinée, quelques minutes après s’être installées, la famille Groseille débarque à l’extérieur de l’aire de jeux et s’installe sur une des tables de pique-nique à une vingtaine de mètres de nous. 3 enfants d’environ 6 ans, 8 ans et 10ans pour la plus grande.
Le père envoie les 2 plus petits dans l’aire de jeux et retient la plus grande. Il commence à se moquer d’elle (pour ne pas dire « se foutre allègrement de sa gueule » parce que vu le blaireau… Ce registre de langage lui convenait parfaitement…). Je passe sur les « mais tu veux aller jouer là dedans, mais t’es un bébé alors…? » « T’as 10 ans, et vue ta taille on t’en donne 11… Tu veux passer pour quoi ? ». Evidemment il lui a fait 2 fois le coup de « bon allez vas-y… Nan j’déconne, tu restes là. » Il parlait tellement fort qu’évidemment, on pouvait suivre ses conversations sans problème.
NAN MAIS VRAIMENT ? La pauvre gamine me faisait tellement de peine. Voir la joie sur son visage quand le père lui disait d’y aller et la fausse joie juste quelques secondes après. Je ne sais pas si ça a fait résonner quelque chose en moi mais au bout de 5min, ça m’a bien soulée, donc je me suis levée et suis allée lui parler au dessus du grillage pour lui dire gentiment « Vous savez que la grande structure, c’est jusque 16ans ?
– Ah ouais ? Ah bon ? C’est un parc de jeux… De toute façon c’est interdit au plus de 32 ans… »
Je n’ai pas écouté la suite, j’ai tourné les talons, mais 10 secondes plus tard, la grande était dans l’aire de jeux et quand son regard a croisé le mien je lui ai souhaité de bien s’amuser. Un petit sourire a éclairé son visage. Et ça, ça n’avait pas de prix.

Ça lui servait à quoi au père ? A exprimer sa frustration et sa jalousie de ne pas pouvoir y aller lui même. S’il n’y a que ça, il pouvait aller en faire du toboggan ! Je préfère un père qui va s’éclater avec ses mômes plutôt qu’un connard (ouais faut le dire) qui s’amuse à faire souffrir ses enfants.

C’est là où tu te rends compte de l’enfer que vivent certains enfants/ados…

Quand en fin d’année de mes 5ème, je leur offre un stylo ou un petit cadeau, que je vois la joie dans leurs yeux, ça me fait chaud au coeur. Et quand certains viennent me dire « Madame je vais le cacher sinon ma mère va me le prendre pour le garder pour elle. » A remplacer par père, soeur, frère… Là, j’ai mal au coeur. Une année, j’ai même précieusement gardé celui de l’un d’entre eux pour lui donner à la rentrée suivante. La vie pour ces mômes de 13 ans ça rime déjà avec galères, fins de mois difficiles, démerde yourself…

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Tout ça pour dire que, sans faire de déterminisme, être né dans une famille qui nous donne toutes les chances, c’est quand même bien plus heureux pour le développement personnel et le bonheur de vivre.

*Kaarotte*