Profite bien, ça passe trop vite !

Ouais, je sais. Je vous ai manqué. Mais la Kaarotte qui râle is back !

Pourquoi est ce que les gens se sentent obligés de dire tout le temps, à toutes les nouvelles mamans de bien profiter parce que ça passe trop vite.
Sous des discours faussement bienveillants se cachent :

  1. de la jalousie
  2. au mieux, de l’envie
  3. de la connerie ?

Bon je m’arrête là. La liste serait longue au final. Non mais sérieusement ? Vous pensez qu’on n’a pas de frères et soeurs? Qu’on ne voit pas les enfants de nos copains ?
Vous pensez que jusqu’au moment de devenir parents, on ne savait pas que le temps passe. Evidemment, vous allez me dire que non, c’est pas méchant, c’est surtout qu’on ne « les voit pas grandir ».
Je vous répondrai que si justement. On voit tous les jours leurs progrès, leur indépendance, leur gain d’autonomie. Et honnêtement je trouve ça génial.

J’ai entendu récemment, « ahahahah ça va bientôt trotter… fini les moments cool ». NON MAIS VRAIMENT MEUF ??? C’est à dire que tu voudrais quoi au final ? Que je souhaite que ma fille ne marche jamais pour pouvoir chiller sur mon smartphone, OKLM sur mon canap ?
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Tu crois vraiment que faire des enfants était une bonne idée si tu ne veux pas t’en occuper ?

Et puis sincèrement, c’est quoi cette injonction à profiter ? Comme si on allait faire un enfant, le porter, passer par l’accouchement, le post partum pour finalement se dire « oh non, j’ai pas envie de profiter… »

nah

Et puis, franchement, c’est chouette, un petit être qui grandit. Finalement, chaque étape est chouette, drôle, inquiétante… Bref interessante quoi !
Récemment j’ai eu le droit à « Ah elle est cool ??? Ah bah tu verras, enfant cool, ado chiant et enfant chiant ado cool… »  #lieuxcommun

Nan mais les gars, elle a 8mois!! Je sais que ça passe vite hein (cf le paragraphe au dessus, référence interne à l’article, TMTC 😉  ) M’enfin d’ici à ce qu’elle ait 13 ans, on va vivre 2/3 trucs quand même non ?
Spéciale dédicace à Nadège : #lesgenssontcons
Et même si c’est vrai ?
C’est utile de dire ça à une jeune maman ?
Et si ça ne se vérifie pas ?
Et si c’était juste pour faire chier le monde ?
D’où viennent ces odeurs ?
Que faire ?

(pardon je m’égare…)

Pour en avoir discuté avec les copines (coucou le Tyran, coucou ma Caille, coucou Nadège, bref coucou les copines…), l’impression qui en ressort est que quand on est heureux, que tout se passe bien, que ton / tes enfants (ouais y’en a ici qui les font 2 par 2 pour aller plus vite #gémellitémonamour), dans le fond, ça fait chier les gens. Ca doit être humain de kiffer la merdasse chez les autres et d’aimer la remuer surement.

Ma théorie est la suivante :

Les gens s’ennuient tellement dans leur petite vie (de merde) il faut que ça aille mal chez les autres. « Ah ouais ? Tout va bien ? Oh bah ça va pas durer ! »
Pourquoi ressentez-vous le besoin d’être à ce point anxiogène, les gens ?

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Non et puis, et loin de moi l’idée de vous donner un quelconque conseil de bonheur (je travaille au mien quotidiennement et je ne suis pas prof de bonheur encore.) Si vous êtes malheureux, essayez de faire changer les choses de votre côté. Pourquoi toujours essayer à tout prix de plomber les autres ? C’est pour faire en sorte qu’ils soient plus malheureux que vous comme ça votre petite vie médiocre parait plus reluisante à côté ?

Je ne comprends pas, je n’ai jamais compris et je crois que je ne veux même pas chercher à comprendre en fait.

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Ca rejoint tout à fait les gens qui te donnent des conseils alors que tu n’as rien demandé. Quand les gens t’apportent un problème, te demandent ton avis et échangent avec toi, OK. Pas de souci.
Mais quand la personne en face de toi ne t’a rien demandé. Déduis-en qu’elle ne veut rien de particulier.

Enfin bref, tout ça pour vous dire que l’été arrive. Profitez bien… ça passe trop vite.

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*Kaarotte-grinçante*

 

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Genre et carcan (à la con)

Depuis plusieurs semaines, mois, années, j’entends et vois des absurdités. Ça me sidère d’entendre des conneries du genre :
« Han mais si un garçon joue à la poupée… il va devenir PD. »
« Rose pour les filles et bleu pour les garçons »
Et j’en passe…

Pour avoir enseigné en maternelle, je peux vous certifier que les garçons adoraient le coin poupée ET les voitures ET la marchande ET les lego. Faut arrêter avec la catégorisation. Les petits garçons. Confirmé par les copines qui ont des mamans assistantes maternelles !
Bref… depuis qu’Alix est arrivée, ça m’énerve encore plus. Ça m’énerve de me dire que si elle aime les outils et les voitures, elle ne va pas se sentir bien dans une société qui lui dit qu’elle ne doit aimer QUE le vernis, les talons et le maquillage.

 

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J’ai lu cet article de Guillaume Champeau, qui me rassure et m’attriste en même temps. Il parle de lui même cet article. Il y a des gens qui évoluent et d’autres qui votent trump, poutine et le pen…

Et en allant dans certains magasins… Je déprime… Ici chez Leclerc. Je vois un petit surpyjama, pas cucul rorose, je me dis « oh trop chouette, pas trop cher, gris avec un petit lapinou !! ».

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Je lis l’étiquette :

« Surpyjama, bébé garçon ». WTF ?

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Et là encore, ça va. Je coupe l’étiquette c’est fini.

Mais alors au rayon des filles… Festival de rose à en vomir… J’adore les petits dessins et les rayures de ce pyj, mais trop de rose tue le rose…

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Et puis alors, si tu veux acheter des chaussettes grises à ta fille…
Bah elle sera le plus beau hein…

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Mais y’a pas que Leclerc. Cora aussi.

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Cadeau de Noël de ma caille pour notre Nenette. Un petit renard et un petit panda. BIM chaussettes garçon. Vraiment… Donc quand t’es une fille tu n’as pas le droit de mettre des chaussettes renard ou panda ? Je ne savais pas, on m’avait pas dit…

Je n’ai pas envie que ma fille s’empêche de commander des jouets, dits « de garçon » sous prétexte que la société lui impose un carcan. On s’en fout un peu si elle veut un établi ou des voitures, non ? On va la cataloguer ?  Que dalle !

Elle a une mère qui repeint les murs, bricole, qui coud et brode et un père qui fait de la dentelle, du crochet, qui pêche, travaille le bois et bricole. Bref… Je ne comprends pas vraiment cette ségrégation des tâches et des activités autorisées selon son sexe.

*Kaarotte-soit-disant-du-sexe-faible*

Les ripoux, c’est pas que chez les keufs…

Pour ceux qui ne sauraient pas encore, ou qui arriveraient par ici seulement maintenant, ma caille et moi sommes enseignantes.
Nous avons toutes les deux travaillé dans l’enseignement spécialisé.
Actuellement et depuis quelques années, j’enseigne en SEGPA. J’ai passé ma spécialisation et j’adore mon boulot.
Ces élèves sont fragiles socialement, psychologiquement et par la force des choses scolairement. Ils ont eu dans leur vie d’enfant et d’élève, un frein qui les a bloqués pour continuer à apprendre et progresser comme leurs camarades. C’est un retard, qui a du mal à se combler, donc parfois ils ont quelques notions de retard en maths et n’accèdent pas à la même réflexion que les autres, parfois c’est la lecture qui les a bloqués, donc les freine dans toutes les matières, chacun est différent. Donc, pour t’adapter à eux, tu fais parfois 3/4 cours différents pour une même notion.
Ces élèves ont besoin d’une attention spécifique, car leurs difficultés combinées à l’adolescence et aux difficultés sociales leur font parfois vivre un véritable enfer psychologique. Cela va sans dire que les adultes qui les entourent doivent être plus que prévenants et patients. Ce qui n’est pas toujours facile, un ado, ça tape vite sur le système, donc 16, qui ne s’entendent pas toujours… Ça peut vite te faire tourner chèvre. J’entends bien les remarques « Tu as choisi d’être en SEGPA ». Oui, j’ai choisi d’y rester dans ces sections, de travailler auprès d’eux. J’ai choisi d’apporter tout ce que je peux à des élèves dont la majorité des gens se contre-fiche et même souvent se moquent (très fort…). J’exagère ? Tape #SEGPA dans twitter. La première fois que je l’ai fait, j’ai eu les larmes aux yeux… Mes élèves ne sont pas des réceptacles à toute votre haine de la difficulté. Vous n’avez jamais rien raté vous ? C’est la honte hein de rater… Bah non. C’est le principe de l’apprentissage… Vous avez réussi à marcher du premier coup, à lire du premier coup, à nager du premier coup ?
Je suis assez en colère quand d’autres collégiens se moquent gratuitement de mes élèves à base de « moi au moins je ne suis pas en SEGPA. » Quand je prends un de ces élèves sur le fait, je le convie (comprends : oblige) à venir dans ma classe. Je le fais s’asseoir et je commence ma classe normalement. Au bout de 10min (où l’élève a bien flippé, il faut le dire…), je lui dis « Alors ? C’est des débiles ? Tu arrives à suivre au moins ? ». Le dernier en date est venu s’excuser au tableau devant tout le groupe, les larmes aux yeux.
Ensuite,  je demande à l’élève s’il a aimé l’expérience. La réponse est toujours et irrémédiablement non. Je suis soft, je ne les humilie pas. Mais je leur fais prendre conscience que ce qu’ils font eux, c’est bien de l’humiliation. Cette humiliation quotidienne de mes élèves, au self, dans la cour, au CDI, à l’extérieur du collège, ça s’appelle du harcèlement. C’est puni par la loi. Eux rigolent, mais pas mes élèves, et moi encore moins.
Je ne cherche pas à être une héroïne pour mes élèves (je le suis déjà #GrosseTete 😀 ),

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Je ne veux pas être la justicière mais personne ne les aide ces mômes, et ce depuis bientôt 10 longues années pour certains… L’école c’est un calvaire. Apprendre, c’est l’enfer. Je veux juste faire comprendre à des jeunes qui ne réfléchissent pas encore avant de parler (des ados quoi…) qu’une seule parole peut faire des ravages. Le plus souvent, ça fonctionne et je n’ai plus rien à dire à l’individu pris en défaut.

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Avec des ados c’est plutôt facile finalement… Là où ça devient compliqué… C’est quand ce sont des adultes qui agissent de la sorte. Et là, blinde toi petit lecteur… Je suis TRÈS fâchée…
Je ne suis personne par rapport à mes collègues. Ni inspectrice, ni supérieur hiérarchique, donc ma parole ne pèse pas très lourd dans la balance. Mais en vérité, j’ai parfois des envies d’être violente physiquement. Un ado, on lui pardonne, il est jeune, il n’a pas d’expérience, il se défend comme il peut. Rappelle toi cette période de merde petit lecteur… Mais quand ce sont des adultes, et a fortiori des profs qui ont cette attitude humiliante et insultante. On fait quoi ? C’est facile, la parole des jeunes n’aura aucune valeur face à celle d’un prof (du moins c’est ce qu’ils pensent). Je ne dis pas que je crois toutes les histoires qu’ils me racontent (parfois ils racontent des grosses bêtises aussi…). Mais quand il s’agit de ce genre de choses, je suis TRÈS vigilante. J’en ai soupé du corporatisme à base de « ON DEFEND TOUJOURS UN COLLEGUE ». Non, un connard qui humilie des gosses, je ne le défends pas. Une conne qui n’adapte pas pour une gamine handicapée, je ne la défends pas, elle ne fait pas d’effort.
Ça fait 8 ans que je suis dans cet établissement. Malheureusement, peu (voire pas du tout) de collègues sont formés à prendre en charge nos élèves parmi les PLC (profs de lycée et collège). Encore moins ont envie de les prendre en charge et parmi ces rares, très très peu essaient de mettre en place une pédagogie et une attitude qui mettent nos élèves en réussite. Donc, concrètement, mes élèves, qui sont quand même volontaires à apprendre l’anglais, la physique chimie ou l’EPS, se retrouvent à faire n’importe quoi pour se faire remarquer parce que les profs ne se donnent pas la peine de préparer de véritables séances et surtout n’en ont rien à faire d’eux, ils sont perdus. Alors perdus pour perdus…
« Ça sert à rien, ils comprennent rien. »
« Ça sert à rien, ils ne font rien de toute façon à part le bordel. »

Bon jusque là, tu es choqué mais ça reste encore soft. Attention à la suite.

Le jour où tu entends un collègue d’EPS (qui a oublié de balayer devant sa porte parce que, pour le coup, il a oublié d’être physiquement intelligent) te dire que « de toute façon, en SEGPA, ils sont finis au pipi. ». Ce jour là, j’étais TRÈS fâchée. Evidemment, les 3/4 collègues autour ricanent.

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En règle générale, quand j’entends des « ah t’arrives à faire ça avec tes SEGPA ? » Je réponds  « oh bah non, nous tu sais on ne fait que des gommettes et de la pâte à modeler » Alors qu’en 3ème je fais des statistiques et on essaie de comprendre Pythagore ! (Mais bon… Ils sont débiles et finis au pipi hein, je le rappelle.)
L’année dernière, on a eu un groupe de 4ème compliquée. Beaucoup de violences, de petite délinquance, de maltraitance parentale et entre ados… Bref. C’est vrai que, même nous, les ens. spé., on a bien transpiré pour maintenir le cap ! Le même collègue d’EPS les avait en cours. Il les a insultés toute l’année, leur faisait s’asseoir sur le banc à ne rien faire pendant 2h (si ça c’est pas de la maltraitance je ne sais pas ce que c’est…). Il a même fini par leur refuser un ballon car des 5ème l’avaient mis sur le toit. Et le comble (accroche ta ceinture…), il leur a refusé un ballon neuf car « Non, je ne vais quand même pas donner un ballon neuf à des SEGPA. »

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Je suis prof principale des 5ème, donc je n’ai pas géré l’incident directement, mais évidemment on en parlait en équipe. Je crois que je n’ai jamais autant utilisé de noms d’oiseaux en réunion d’équipe. J’étais tellement en colère que je commence seulement à décolérer… Ce collègue en question faisait payer aux mômes le fait qu’il les avait le vendredi après midi alors que depuis 15ans monsieur avait son vendredi. MAIS ? C’est à cause de connards comme lui que nous, les enseignants, avons une sale réputation… Ah on ne bosse pas ? Moi j’ai cours 9h-17h tous les jours, y compris le vendredi. Bon je passe là dessus… La suite est tout aussi éloquente…

Fin d’année scolaire, on se réunit pour essayer de mettre en place des choses pour ce groupe de 4ème qui passe en 3ème, baliser les projets et surtout surtout bien cadrer tous de la même manière pour ne leur laisser aucune faille. Du travail d’équipe quoi !
On réunit les PLC qui interviennent auprès de nos élèves. On les interroge sur leur répartition (qui prend quel niveau). Une collègue d’EPS arrivant sur l’établissement avec une santé fragile, on ne lui propose pas de prendre le groupe de 3ème. Logique.
En revanche, à la jeune collègue d’anglais assez fragile, en congé mater + parental depuis bientôt 2ans, qui revient à mi-temps, elle on lui a imposé proposé, cette même classe.
Là, je m’interroge et j’interroge l’équipe d’anglais (et les autres d’ailleurs…). Ouais, je suis un peu du genre à mettre les pieds dans le plat. Elles sont 4 collègues. 2 d’entre elles ont eu cette classe en 5ème et 4ème, donc logiquement, on peut imaginer qu’elles aient envie de « faire tourner ». C’est normal que la charge repose sur toute l’équipe chacun son tour. Du coup, la logique aurait voulu que la 4ème collègue prenne cette classe, en laissant la jeune collègue revenir tranquillement avec une classe plus cool.
Cette même 4ème collègue avait mes 5ème l’année scolaire passée. Ça s’est TRÈS mal passé. En mai et juin, il n’y a pas eu un seul cours sans exclusion d’un ou plusieurs élèves au motif de « fais n’importe quoi » ou « se lève ». Euh…………. Bon bref passons. Et attention, v’la la chute… La collègue en question se lance dans une tirade de justification pour le choix de suivre ce même groupe (Etre leur enseignante d’anglais en 4ème donc.) C’était confus et pas très logique. Et là faut que je vous fasse le dialogue, c’est trop savoureux.
« Bon, désolée, je vais encore passer pour la chiante de service, mais je vais mettre les pieds dans le plat (j’avais promise à la jeune collègue d’anglais que j’interrogerais l’équipe). Je ne comprends pas pourquoi toi, R. tu reprends ce groupe avec qui ça s’est très mal passé cette année, soyons honnêtes. Et pourquoi, de manière très sympathique, vous laissez la classe de 3ème, qui est assez musclée et je mâche mes mots, à H. qui revient juste de congé et qui a clairement exprimé son angoisse et son manque de billes pour enseigner auprès de nos élèves. K. et G. je comprends que vous ne vouliez pas les reprendre, vous avez mouillé la chemise pendant 1 an chacune…
R. –  Ah nan mais tu ne peux pas dire qu’ils n’ont rien fait cette année les 5ème !
Moi – Euh je ne crois pas avoir parlé de ça…
R. – Oui bon euh de toute façon, il fallait choisir, donc MOI entre la PESTE et le CHOLERA, Eh bah j’ai choisi.

… Alors là, franchement, y’a rien à ajouter, j’étais sidérée. Je crois même que je me suis étranglée avec ma salive…

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Et là j’ai répondu :
« Je ne savais pas que nous les PE (prof des écoles) et PLP (prof de Lycée pro) allions en cours avec des masques et des anti-viraux… Ou alors on a des capes de super-héros… Je ne sais pas… Bref, en tous cas, vous faites comme vous voulez, mais je trouve ça dégueulasse d’enfoncer H. en lui donnant cette classe sans même lui laisser le choix et en avoir parlé avec elle avant de lui imposer. »
Les collègues ont répondu qu’elles allaient en rediscuter.
Résultat : Elles ont donné les 5ème (classe très cool) à H., et G. s’est sacrifiée pour prendre les 3ème (Et donc avoir cette classe 2 années de suite…).
Cette merveilleuse collègue, R. n’a pas du mal qu’avec les SEGPA, pour ça je ne suis pas inspectrice donc je ne me prononce pas sur la qualité de ses cours. En revanche, ce que j’observe, c’est que cette personne prend des responsabilités de formatrice ailleurs pour être le moins possible en cours. Stratégie d’évitement. Il y a peut-être des questions à se poser…

En attendant… L’été est passé. On essaie de démarrer une nouvelle année sereinement.

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Moi en congé mater, mais je suis la reprise avec les mails et les échanges avec les collègues. Cette fameuse R. nous a envoyé un mail collectif ce matin. Un mail qui propose une réflexion collective et l’inscription à une formation visant la prise en charge des 3ème (enseignement général et SEGPA confondus, j’imagine) au niveau du décrochage scolaire et pour réduire les inégalités scolaires.

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Là… Je crois que j’ai failli m’étouffer en lisant le mail. Vraiment ? Inégalités scolaires, euh tu veux parler de quoi exactement ? Tu fais que tu dénigres OUVERTEMENT tes élèves ? Ou bien du fait que tu ne fasses pas correctement ton travail ?  Sincèrement, je ne sais pas s’il faut rire ou pleurer…
Ou alors, elle est amnésique. Je ne vois que ça… Ah et quand je suis venue à la pré-rentrée, elle ne m’a même pas dit bonjour. La meuf en est à ce niveau là quand même. #Politesse…
En attendant, sa formation, elle peut se la carrer là où je pense.

Bisous bisous R.

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* Kaarotte, bien bien vénère *

Rose pour les filles, bleu pour les garçons

Une copine annonce sa grossesse sur Facebook. S’en suivent quelques commentaires, l’un d’entre eux me frappe « si c’est une fille, on a des trucs à te prêter… » Uhhhh… Pardon, on est en 1906 ? Désolée mais c’est 2016 les gars hein ! Va falloir un tout petit peu arrêter avec les genres hein…

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Mettre un body rose à un garçon n’est pas anormal les gens hein ! Le mec finit par dire qu’il ne veut pas mettre de body rose à son fils. Il a peur de quoi ? Que le rose déteigne sur les petites parties de son fiston ? Nan mais après, OK très bien. (En vrai, il fait ce qu’il veut hein, mais ça me sert d’appui pour la suite…). Peut-être que tu roules sur l’or, perso je suis très contente qu’on nous ait prêté des trucs. Et quand on te prête 12 cartons de fringues et bien tu sais que tu n’auras rien à débourser en plus des affaires courantes (couches, lait, produits..), ça t’arrange bien. Donc on s’en tape si le pyjama est bleu ou vert ou violet… Pour des photos ou une occasion particulière je veux bien ou quand tu choisis les fringues lorsque tu fais un petit achat, ok, mais pour le changer dans 2h parce qu’il aura régurgité, je crois que je vais choisir la couleur qui s’accorde le mieux avec le vomi de bébé à savoir… Mmmmm toutes, aucune ? (Rayer la mention inutile.)

Je suppose que ce charmant jeune homme que je ne connais pas par ailleurs, n’a surement pas acheté une poupée à son fiston qu’il ne veut pas habiller en rose, mais bien des voitures et des camions et des caisses à outil et… C’est bon, j’arrête ? Ok, j’y reviendrai après. 😉

Un peu plus loin suite aux commentaires en réponse, une autre copine de la copine dit qu’elle en avait marre qu’on lui demande 10 fois par jour si c’était un petit garçon ou une petite fille donc elle a fini par habiller son fils tout en bleu. Nan mais vraiment ? Et ce sont des jeunes parents… A croire que le culte du genre et toutes les conneries sur l’homosexualité qu’on entend n’est pas l’apanage des gens plus âgés.

Pour avoir enseigné en maternelle, je peux te certifier que les garçons jouent autant si ce n’est plus à la marchande et à la poupée qu’aux legos et aux voitures.

J’ai offert à mon fillot une cuisinière pour ses 2 ans. Pour ses 3 ans il voulait une caisse enregistreuse. Il joue à la marchande avec sa maman, cuisine, fait des cafés…
Il fait rire sa grand-mère quand il dit qu’il va voir son « mec » parce qu’il confond avec le mot « copain ». Et ? Ça pose un souci ? Aucun. C’est un petit garçon plein de vie, joueur, coquin et équilibré.

Mon dieu… Avec ces jeux de fille, t’as pas peur que ton fils devienne euh… Enfin tu vois quoi…? Non, je ne vois pas… Qu’il devienne quoi ? Un bon père ? Bah ouais j’espère !

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Du coup, les mamans finissent par faire des choupettes avec 3 cheveux et 12 barrettes pour qu’on arrête de leur demander si c’est un petit garçon. Mais ON S’EN FOUT NAN ?! C’est un bébé ! Qu’est ce qu’on s’en fout des gens et de leur avis. Cette personne, tu ne la reverras jamais de ta vie. Ce à quoi on me répond « Ouais mais quand tu dors 2h par nuit tu n’as pas envie de faire la discussion ». EH BAH D’AUTANT PLUS !! Ne perds pas ton temps, rentre faire une sieste et surtout ne leur réponds pas. Ça va changer quoi à ta vie ce que cette personne pense ? Que tu es malpolie, que tu es dépressive ?

Tu accordes tant d’importance à une vieille qui ne sera surement plus de ce monde quand ton fils ira en études supérieures, que tu ne recroiseras plus jamais de ta vie ? Je ne dis pas d’être insultante bien entendu… « C’est un garçon ou c’est une fille ? » Ça change quoi ? Tu vas interagir différemment avec mon nourrisson si tu sais qu’il a un zizi ? Tu diras à ma fille de 2 mois qu’elle doit aller préparer à manger et faire le linge ?
Ou bien juste si tu veux vraiment t’extasier hypocritement devant un bébé tu peux juste dire, « Oh qu’il est beau ce bébé ! » nan ?

Je crois que je vais me lâcher :

« C’est une petite fille ou un petit garçon ?
– Oh bah je ne sais pas, j’ai pas regardé dis donc, et pis ils m’ont pas dit à la maternité ?! »

« Euh… Il faudrait le changer !
– Désolée, j’ai perdu le ticket… »

« Oh la laaaa qu’est ce qu’elle ressemble à son papa…
– Ah bah c’est con, on l’a adoptée… »

« Dis donc t’as bien perdu hein…!
– Ouais, t’es dégoutée que je ne sois pas restée une grosse baleine ? Pas de bol, tu pourras pas médire. »

« Vous le nourrissez ?
– Nan nan je le laisse crever de faim… Ah parce qu’il ne sait pas se faire à manger tout seul en plus… ? Mais je savais pas que c’étaient des assistés en fait les bébés, on ne m’a rien dit… »

Franchement, je sais que j’aurai le cran de le faire, mais je peux comprendre que certaines cèdent… Mais si tout le monde cède, la vision de la société ne changera jamais. Après je ne leur en veux pas, c’est l’éducation. Mais sincèrement, tu peux t’en affranchir. Sache que non, tu n’es pas obligée de sortir des réflexions débiles et stéréotypées. Et non tu n’es pas obligé(e) de rentrer dans un carcan qui ne te convient pas.

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Promis. Tu as le droit de penser différemment de tes parents, de tes frères et soeurs, et DINGUERIE, tu as le droit de penser différemment de tes potes. OUAIS je sais c’est de la folie, même ceux qui ont déjà des enfants (surtout ceux qui te disent « nan mais tu sauras quand tu seras maman… »)

EN VRAI… T’as le droit.

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*Kaarotte-un-peu-vener*

Nan j’suis pas grosse, j’suis grande…

Ça fait plusieurs semaines, mois, années, je ne compte plus, que ce sujet me démange.
C’est un sujet multiple.
La norme, la vision imposée par les marques, le bâchage permanent de certains pro…
Bref, c’est parti.

Ça a commencé par la 3ème échographie de notre cocotte.
C’est parti pour un mega grand modèle !! 2,7kg à 33 semaines de grossesse. (Pour vous faire une idée la « moyenne » est à 1,8 / 1,9kg à 33 semaines).

La gynéco, une conne sans nom, odieuse et insultante ! Sérieusement… J’en peux plus de ces nanas qui doivent sourire quand elles se brûlent… 1h avant, avec une des nanas de la prépa accouchement, elle était parfaite, souriante, gentille. Entre temps, elle a eu une autre patiente, un cas compliqué (à la tête des gens qui sortaient du cabinet). Mais qu’est ce que j’y peux moi ? J’ai le droit d’être traitée comme une patiente, un être humain et pas comme un cas clinique qui va encaisser les aléas professionnels de madame la gynéco.

Madame la professionnelle, donc, s’est plainte de ne « rien » voir parce que la cocotte est « grosse » et moi « costaud » ! Nan mais sérieusement, merci le professionnalisme ! Donc je suis grosse et ma fille qui n’est même pas née, aussi. Merci. Jusque là tout va bien, je n’ai pris que 7 kg, je suis surveillée pour diabète de grossesse mais je n’en ai pas. J’ai un surpoids que j’ai malheureusement pris avant ma grossesse à la suite du décès de ma mère, mais ça elle s’est bien gardée de me le demander Mâdââme la Gynéco. Elle s’est bien gardée également de demander les antécédents familiaux. Elle aurait par exemple appris que les 2 grands-pères mesurent respectivement 1m95 et 1m92…
Et si elle ouvrait un peu plus les yeux et qu’elle considérait ses patients (oui parce qu’elle a du dire 1 mot et demi en 3 rdv à mon chéri…), elle aurait vu un papa au delà du 1m80, et une maman à 1m78, bien sûr on va faire une crevette…

Notre fille est TRÈS GRANDE ! Ce serait inquiétant qu’elle soit toute maigre. En tous cas moi ça m’inquièterait.

Après deux bâchages (sur les trois rdv que j’ai eus avec elle… ça fait beaucoup quand même!) de cette conne au sujet du poids et de la taille (du bébé ou de la mienne…), j’en ai marre.
Marre qu’on confonde grande et grosse, j’en ai marre d’avoir l’impression de me justifier quand je dis que mon squelette pèse lourd. Je suis outrée d’entendre un médecin te faire culpabiliser parce que ton bébé est au dessus de la norme. Car évidemment, c’est toi qu’on fait culpabiliser, c’est de TA faute si ton bébé grossit comme ça. Mais je contrôle quoi moi (à part mes glycémies…), rien. Notre fille est déjà grande. Même pas née, ça y est il faut qu’elle rentre dans des cases. Bah non, elle sort des courbes. DÉJA.
Je suis quasiment certaine que la gynéco m’a gentiment placée dans la case bouffeuse compulsive de gras et de sucre. En n’ayant pris QUE 7 kilos bien entendu, mais on n’est plus à une absurdité près.

La sage-femme de la préparation à l’accouchement m’a dit « Mais… Vous êtes belle, en bonne santé, et votre bébé aussi ! » Merci madame.
Parce que ça aussi, on l’attend toujours de la bouche de la gynéco de savoir si notre bébé est en bonne santé. Elle ne nous a jamais fait écouter le coeur, elle ne nous a jamais dit que tout allait bien. Or, c’est le cas. Heureusement, que belle-maman est sage-femme et m’a interprété les échographies.
La sage-femme de la prépa (toujours elle) m’a également dit quelque chose qui résonne bien en moi. Elle m’a dit « certains praticiens ont une vision spécifique de la femme, l’image de cette gynéco est peut-être celle de la femme sylphide. » Ahhhhh on y vient. On va toucher la suite du bout du doigt. Tu ne corresponds pas à l’image qu’elle se fait d’une femme « normale » pour elle, tu dois donc souffrir et pleurer après ses réflexions grossophobes.

Je viens d’une famille de grands et charpentés (on a des épaules quoi !), avec 1m78, je suis la plus petite, c’est dire. Toute notre adolescence (et maintenant encore arrivés à l’âge adulte), on s’est fâchés après les marques qui ne sont pas capables de faire des tailles pour grands. Quand on est grand ça ne veut pas dire gros. Or quand on veut de la longueur (bras, buste, jambes…), on doit prendre des « grandes tailles » qui sont en fait des grosses tailles. Pour les jeans ça commence à arriver. J’ai quand même découvert ça en Californie il y a 20ans bientôt ! Mais si je veux un débardeur qui me couvre les reins, je suis obligée de l’acheter dans le rayon femme enceinte. Plus de longueur de tissu pour caser le ventre de la femme enceinte = plus de tissu tout court pour que ça rentre dans le jean sans se barrer toutes les deux secondes. Quand t’as 16 ans t’as honte d’aller te trainer dans ce rayon et c’est légitime.

 Quand tu entres dans les magasins, tu sais que si tu mets plus qu’un 42 voire un 40 tu es considérée comme grosse. N’imagine même pas dans quelle « case », tu es si tu mets du 44… Il ne doit pas y avoir beaucoup de femmes dans la norme je pense.
Rien qu’à voir les campagnes de pub… Love my what ?

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Aucune des femmes de l’affiche de Dove n’est grosse ou maigre ou je ne sais pas quoi, chacune est belle. Elles ont des formes, elles sont belles. Je ne dis pas que celles du haut sont moches, déjà elles ne sont pas réelles… Clairement photoshop est bien passé par là. Ce que je critique c’est que de mettre un 32 soit devenu la norme des magazines et des magasins. 32 c’est quand même l’équivalent du 12 ans. Les femmes qui sont petites ont le droit d’avoir des vêtements à leur taille qui ne soient pas des tailles enfants, et à l’inverse les femmes qui sont grandes ont le droit d’avoir des vêtements qui ne sont pas oversize.

Quand il y a 2 ans, j’ai perdu plus de 20kg en 5/6mois. Mon médecin ne m’a jamais félicitée, et je l’en remercie. Il m’a demandé si je ressentais moins de douleurs articulaires, si je me sentais bien dans ma peau. BREF une attitude normale, ce qu’on demande à un médecin de faire quand il fait son boulot. Mais les médecins grossophobes culpabilisant au possible… Thanks but no thanks. Quand c’était des collègues qui m’ont félicitée, je prenais ça comme un « ah bah voilà, maintenant t’es bien. » Et oui, je suis rentrée dans la case. Super !!! Après je ne leur en veux pas outre mesure, ils sont conditionnés. C’est comme rose pour les filles et bleu pour les garçons…

Plus sérieusement, notre fille grandira avec une autre image que Victoria secret ou Zara, ça c’est promis ! De toute façon elle ne rentrera pas dedans, comme maman !!! Donc ?! CQFD.

C’est un gros bébé ? Bah tant mieux, les gros bébés font leurs nuits plus vite. NA !

PS : je la vois ce vendredi pour la visite du 8ème mois… AHAHAH Stay tuned !!!

*Kaarotte VS la gynéco*

Quand la prépa, va tout vaaaa

Ouais, bon. Il est temps de préparer la naissance. Préparation à l’accouchement, à l’accueil, au démoulage, tasse à café, chaise de jardin, c’est toi qui choisis, bonsoir mon chéri !

Donc je suis allée à mon premier cours. Je t’avoue franchement que je n’avais pas envie d’y aller. Hier soir déjà, j’étais pas super enjouée à l’idée d’y aller et encore moins à l’idée de me lever et devoir me préparer avant 9h…!
Non mais le lever avant 9h pour les femmes enceintes devrait être passible de fusillement. Non je ne mâche pas mes mots. Déjà qu’à la base, je fais partie de ces gens pour qui le syndrome encéphalo-rectal pré-9h est violent (si si j’ai une constatation médicale !), mais enceinte, avec le syndrome du neurone unique, bah, tu mets ton iPhone dans le frigo, puis tu le sors et tu le tartines de beurre avant de te fringuer en 2 secondes pour aller prendre ton bus. Bref. Je pars. Il fait beau. Chouette. J’aperçois du coin de la rue, une personne étalée sur le banc de l’arrêt de bus (les jambes qui prennent tout le banc en métal… pour éviter que quelqu’un ne s’assoit surement…) Je crois reconnaître mon ancienne voisine psychotique, celle du rez-de-chaussée de l’immeuble. {Oui parce qu’on a eu la bonne idée de déménager à 50 mètres de notre ancien chez nous ! ahahah}. Je m’approche de l’arrêt. La grossesse m’a enlevé quelques neurones mais pas ma vue d’aigle. C’est bien la folle du Rdch…

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Je ne m’approche pas et ne m’avance surtout pas vers elle pour lui ne pas lui dire bonjour, ni avoir une quelconque interaction avec elle. Ouais c’est moche, mon père ne m’a pas élevée comme ça, mais mon frère pourra témoigner que les conversations avec elle de bon matin sont vraiment TRES spéciales… Elle se lève et s’approche de moi, très flippante, me détaille des pieds à la tête, se rassoit. Je fais celle qui n’a rien vu. Les bus des 2 lignes arrivent, elle ne prend pas le même que moi. OUFTI ! J’ai eu chaud.

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Bon. J’arrive à l’hôpital. 20min avant, comme demandé dans le protocole des rdv à l’hôpital.
9h10 pour 9h30 donc. Je suis la première, j’ai ma petite fiche de circulation, 3ème porte à gauche, les toilettes si vous voulez. Ouais, tiens c’est pas une mauvaise idée le pipi préventif. Bref. J’attends. Une nana vient me rejoindre puis 2 puis 7 autres. Il est 9h40 et 8 femmes enceintes attendent DEBOUT dans le couloir où il n’y a aucun siège (bah non c’est un couloir), ni de banc, à peine de quoi s’adosser. Ils sont au courant qu’on est minimum enceintes de 7 mois ou bien ils prévoient d’augmenter leur taux de préma ? Je ne dis pas qu’on est en sucre hein mais sérieusement… Faire attendre 8 femmes enceintes près d’une demi-heure, debout. Bien joué les gars, nan vraiment.
La sage-femme arrive avec presqu’un quart d’heure de retard, pas d’excuse, une vague blague sur le fait que les gens vont croire qu’il n’y a plus de place pour accoucher ou je ne sais pas quoi, j’ai pas vraiment écouté…

Je passe sur les nunuches cucul-la-pral qui arrivent en jupette blanche à volants alors que c’est tenue décontractée demandée sur la convocation.
Le cours dure 2h, on a passé 1h30 à se présenter, à dire ce qu’on souhaitait pour notre accouchement, péridurale ou pas etc… La sage-femme est nettement remontée dans mon estime lorsqu’elle a parlé de « démoulage ». oui oui, en ces termes. Donc là, les cucul-la-pralines ont pu aller se rhabiller.

Pêle-mêle, il y avait : celle qui va accoucher pour la 3ème fois n’est pas plus avancée que nous, la babos de mellionec, (ça c’est le bled de par chez nous, où ils font du fromage de chèvre et où ils tricotent des pulls avec la laine des biquettes…), celle qui est méga stressée, le père complètement en panique parce qu’il n’a pas fini de peindre la chambre,  celle qui est vénère parce quelle ne peut plus faire de moto ni fumer des clopes, celle dont le compagnon est parti en Martinique et qui gère toute seule la construction de leur maison, celle dont je ne me souviens pas, celle qui a chialé dès le premier cours et moi. Ahah.
Comme c’est une prépa intitulée sophrologie, on a fini par une demi heure de relaxation et ça j’avoue que c’était pas mal du tout.

Ah si, tu vas rire, sur les 8, je suis la dernière prévue pour accoucher et… je suis celle qui a le plus gros bide !!! Y compris celle avec un bébé prévu pour 4kg

AHAH. (<– au cas où t’aurais pas compris, c’est un rire jaune…)

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Bref, j’ai commencé ma prépa accouchement.

*Kaarotte-en-phase-pré-démoulage*

Génération Y, scolarité et parents

Pardon d’avance pour la longueur, mais c’est un sujet qui me tient à coeur.

Les études, le rapport à la réussite, les réorientations scolaires… ET l’attitude de nos parents. Ce n’est pas la première fois que j’en parle avec des copines ou avec ma soeur.

Du coup, ça m’a donné envie d’en parler un peu ici.

Alors d’abord, il faut être bien clair, les études c’est pas pour tout le monde et rien à voir avec l’intelligence ni les compétences et encore moins le QI !!! Le moule du collège unique est une blague, les études supérieures pour tout le monde c’est un leurre.
Les filières courtes existent, les CAP forment des gens à des métiers manuels dont on a plus que besoin.
J’avoue, en revanche, que dans ces filières, c’est compliqué de ne pas boucler son cursus, parce que le travail d’ouvrier non-qualifié est peu gratifiant et surtout, on devient de la chair à usine. Un BTS ou un CAP, ce sont deux années qui sont qualifiantes. Après ces études ne sont pas moins stressantes ni épuisantes psychologiquement et peuvent aussi pousser à bout. Malheureusement, si tu ne boucles pas ton CAP de boulanger, tu ne seras pas boulanger.
Quand tu ne finis pas tes 3 ans de fac, tu n’as pas ta licence, tu ne seras pas quoi ? Licencié ? Et qu’est ce que tu fais avec une licence ? Et avec un master ?

Alors justement, parlons-en de la réussite dans les études supérieures, à la fac, etc…

En en discutant avec les copines qui ont fait des études supérieures, ce qui revient sur le tapis, c’est notre culpabilité :

  • J’ai fait des études supérieures pour mes parents.
  • Je continue les études mais je sais même pas pourquoi.
  • Si je leur dis que j’arrête, ils vont me tuer.
  • Je ne sais même pas ce que je veux faire au final.
  • Je me rends malade à continuer.

Et la réaction des parents en face, c’est « on paie depuis des années pour que tu aies un diplôme donc ne nous fait pas ça ». Mais quel diplôme ? Pour faire quoi ? Et au final, nous on culpabilise encore plus en se disant : « Ils ont raison quand même, ça coute une blinde les études, c’est de l’argent jeté par les fenêtres ». NON. On ne fait plus redoubler les enfants sous prétexte que ça coute des millions d’euros par an à l’Etat. Mais encore une fois, un état qui brade son système scolaire est un état qui va mal.

Ma soeur a fait un burn out comme ça parce qu’elle voulait absolument finir son DUT de gestion urbaine entre autre pour ne pas décevoir papa, mais aussi parce qu’elle culpabilisait de ne pas avoir choisi la bonne voie. Et puis finalement, après s’être bien cramée, elle s’est réorientée en arts plastiques (la matière « à quoi ça sert ?! » selon notre père. « Mais sinon, tu fais des études d’arts pour faire une thérapie ? » La philo selon Philippe ?? (clique si tu ne saisis pas la référence !!) Non non… La psycho de comptoir selon notre père…).
Quand j’ai choisi mes études à la fac, j’ai choisi fac d’anglais parce que ça fait bien, mon père pensait que je ferais prof d’anglais ; et en mineure de réorientation (c’est comme ça que la fac l’appelait à l’époque avant de l’appeler double cursus), j’ai choisi psychologie. Gros éclats de rire à la maison. « Tu vas nous analyser ? » ; « Tu vas devenir psy ? » ; « La psycho, c’est pour les malades de la tête ! » ; « A quoi ça va te servir? »
Et bien, à dire vrai, bien plus que de connaître par coeur les premiers ministres anglais depuis mathusalem ou les ministres de l’économie d’après-guerre anglais ainsi que l’analyse de The grass is singing de Doris Lessing (qui reste un super bouquin hein !!) ou The Great Gatsby…
Mes études de psycho m’ont appris à prendre du recul sur moi-même, à comprendre les mécanismes du développement, à apprendre sur le développement de l’enfant et de l’adolescent, et surtout, surtout, m’a énormément ouverte sur ma vocation de prof spécialisée.

Je crois que je m’en fous que ma fille me dise au bout de 4 ans d’études, « Finalement c’est pas ça que je veux faire ». L’important c’est qu’elle fasse ce qu’elle aime et qu’elle se sente bien. Je ne veux pas la retrouver à prendre des cocktails de médocs pour dormir et déstresser parce que son cerveau ne la laisse plus tranquille. J’ai tellement été sous pression avec les cours, l’école, la réussite et le « Tu dois tout bien faire pour que tes parents soient fiers de toi » et au final ils ne te disent même pas s’ils sont contents ou pas… Ou alors ils te disent, alors que t’es contente de ta réussite et tu espères qu’eux aussi : « T’aurais pu faire mieux ». Ce qui est globalement pire que de ne rien dire. Tu n’as pas assez bien fait. Tu n’es pas assez bien pour leur fierté.
AH t’es que 235ème ? Bah avec tes capacités, tu peux faire mieux quand même !
ET POURQUOI FAIRE ?  Me rendre malade malade pour être 100ème ? 10ème ?

Nos parents font partie d’une generation où tout était plus facile pour eux. Ils n’ont pas forcément fait d’études mais il y avait du travail, la vie était moins chère, pas de souci autre que d’aller au boulot et finalement si tu perdais ton boulot, tu en retrouvais assez facilement. Ils le reconnaissent aisément d’ailleurs. Ils ont fait des enfants en se disant ça roule tout seul parce que c’est dans l’ordre des choses. Je ne les juge pas, mais ce que je n’accepte pas, c’est qu’ils essaient de plaquer le fonctionnement de leur génération sur l’actuelle.
Moi, je vois déjà la différence entre le moment où j’ai fait mes études et maintenant. J’ai commencé la fac en 2000. En 16ans, ça a déjà énormément changé !

Malheureusement, les parents te servent des phrases insipides :

  • Ne nous déçois pas.
  • On a tout fait pour que tu y arrives.
  • On s’est sacrifiés.

MAIS C’EST NORMAL ÇA !!! Pardon, je m’emporte !
Un parent guide son enfant et doit faire son possible pour qu’il apprenne à s’épanouir, qu’il apprenne l’empathie et devenir un bon humain et un bon citoyen. Aujourd’hui, quand tu fais des enfants faut savoir à quoi s’attendre au moins au niveau financier. Tu ne vas pas interdir à tes enfants de faire des études. Enfin, c’est mon point de vue.

« C’est facile d’avoir des bonnes notes, tu travailles et tu réussis. »
Nous, on sait que non, tout n’est pas facile, tout n’est pas tout cuit. La réussite scolaire est aussi conditionnée par beaucoup d’autres paramètres. On a grandi avec la compétition scolaire. Il faut être le meilleur à l’école pour réussir. Il faut être populaire, bien fringué et avoir les trucs à la mode. La pression sociale entre 8 et 18 ans est monstrueuse.

Pour cette génération avant nous, c’était normal de faire des enfants, d’ailleurs ce sont les mêmes qui te disent « Ah tu ne veux pas d’enfants ? Mais c’est égoïste ! »
Euh non… C’est réfléchi… Franchement, je trouve ça même normal si quelqu’un me dit « Non, je ne veux pas d’enfant. »
Ça devient un choix de faire des enfants, en sachant ce que coutent les études, en décidant dès la naissance d’ouvrir une cagnotte, en tablant sur l’avenir peu importe ce que feront les enfants.

J’en ai parlé avec ma Caille, on se disait que c’était dingue cette attitude de baby-boomer qui ne comprennent pas le décalage entre ce qu’ils ont vécu et ce qu’on peut vivre aujourd’hui.

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Et puis, on s’est dit « Purée, ce sera quoi la société dans 15 ou 20ans ? »

Est-ce que nous-même, on fera toujours le même métier ?! On n’en sait rien ! Donc autant ne pas mettre de pression sur nos propres enfants !!
Quand mes copines pas profs me disent « Ahah ta fille a plutôt intérêt de réussir à l’école !!! » Je leur réponds « Pourquoi ? Parce qu’elle est fille de prof ?! » La pauvre… Nan, mais sérieusement ! Si elle a des facilités, tant mieux pour elle, et je ferai tout mon possible pour mettre toutes les chances de son côté. Si c’est le cas, oui elle vivra une scolarité plus sereine mais honnêtement ce n’est pas le résultat qui prime. Bien sûr que je serai soulagée pour elle, connaissant le système de l’intérieur, si notre fille réussit scolairement. Je connais la pression du système. Je ferai également tout mon possible pour ne pas en rajouter.
Quand tu sais qu’un humain a 2000 fois plus de compétences que ce qu’on apprend à l’école !!!
Ce n’est pas seulement ce que j’ai appris à l’école qui fait la personne que je suis devenue !
C’est pas l’école qui m’a appris à m’affranchir de mon père, c’est pas l’école qui m’a appris à assumer la maladie de ma mère, ni à devenir sa curatrice…
Ah ça oui, je sais faire une rosace et je sais calculer le carré de l’hypoténuse mais l’empathie, je ne l’ai surement pas apprise dans notre système scolaire, je n’ai pas appris à cuisiner ou coudre au collège.
Je ne crache pas sur le système, je dis juste qu’il est incomplet (et de plus en plus), et ce, plus tu montes dans le niveau d’études… Donc à la fac ou en école supérieure l’écart devient fossé.

Tu n’es pas un mauvais enfant si tu rates ton année ou si tu décides de changer de voie, ni même si tu ne sais pas encore ce que tu veux faire à 23 ans.

Tu ne rates pas ta vie. Au pire, tu « déçois » tes parents (et je mets d’énormes guillemets hein !) Enfin, tu déçois la petite image d’épinal du bon élève que tes parents ont construit de toi, leur fille ou leur garçon qui réussit ses études.

Et ?

Et bien, ton coeur battra toujours, tes frères et soeurs t’aimeront quoi qu’il en soit, et même tes parents au fond d’eux. Ça ne changera pas fondamentalement qui tu es, ni tes valeurs.

Aujourd’hui, ma mère n’est plus mais elle était assez humble du côté de nos études dès qu’on a dépassé son niveau scolaire ; elle avait un CAP de secrétariat, elle a eu par contre beaucoup de réflexions vis à vis des notes et de la réussite scolaire dans les petites classes.

Je pleurais quand je rentrais avec un 14/20 quand même, et sur le chemin du retour je préparais mon argumentaire pour expliquer que le prof notait durement, que le meilleur n’a eu que 15, que… et que…
Mon père, quant à lui, commence à évoluer doucement, changer de point de vue n’est jamais très facile. Chacun se nourrit de sa propre expérience. La pression au sujet de l’ascension sociale est prégnante chez lui je pense. (Son père était ouvrier agricole et sa mère contre-maître en usine.)
Il m’a dit une fois en voyant mes réalisations de couture qu’il regrettait de m’avoir poussée à faire des études supérieures et de ne pas m’avoir incitée à aller vers un métier plus manuel. Moi je ne regrette pas, je suis contente de la voie que j’ai trouvée et je suis contente d’avoir aussi cette passion manuelle à côté.
Bref ! Vivez votre vie. BE HAPPY.
*Kaarotte-Bac+1000 en ça-me-vénéritude*