Pourquoi en 2018 on a ENCORE besoin du féminisme ?

Article de fond. Pas sérieux s’abstenir. Je suis vraiment, foncièrement et tristement exaspérée.
Il y a quelques semaines je vois apparaître un article anodin sur une page facebook que je suis. L’article en lui même n’a rien de sexiste. Il est même plutôt neutre et bien expliqué. Il s’agit d’un monsieur qui a construit des rangements à base de 3 étagères IKEA.
(Comme on peut trouver sur l’excellent site https://www.bidouillesikea.com/ par exemple… Non je ne touche rien pour vous parler de ce site, non ce n’est pas un placement de produit 😉 )

Bref. Ce qui m’a insurgée c’est la manière dont a été titrée l’article. Je vous laisse juger.

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Évidemment, mon sang n’a fait qu’un tour et j’ai commenté.
D’abord, en mode un peu véner mais drôle.

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Que n’avais-je pas fait là…?
Bon alors en vrac… J’ai eu le droit de me faire traiter d’extrémiste, de féministe outrancière, qu’il faut ranger nos maris au passage des féministes, de féministe extrémiste ridicule et stupide (et par une femme… Bien joué meuf ! Vraiment. Je te félicite.)
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Mais reprenons chronologiquement.
Le premier mec à avoir réagi me dit quand même :

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Voilà. Il est exactement là le problème. Un mec d’une trentaine d’années ne voit pas où est le sexisme dans « Il prend 3 étagères IKEA les assemble pour réaliser le rêve de son épouse. »
Il est où le sexisme ? Partir du principe que c’est l’homme qui monte les meubles. Que le rêve d’une femme c’est d’avoir 3 pauvres étagères en contreplaqué et carton collé pour faire son p’tit rangement. Et si tel est le cas (certains peuvent avoir des rêves très simples), elle ne peut pas non plus réaliser ses rêves toute seule ? Elle a nécessairement besoin de quelqu’un pour réaliser ses rêves ? Et pour finir, elle ne peut pas les monter seule ses meubles ?
« Le rêve de son épouse » Non mais mon dieu !!! Vous êtes sérieux ? Le genre de titre racoleur en mode « Les petites femmes faibles qui ont besoin d’un mec, un vrai. »
Pardon mais monter 3 meubles, c’est pas ultra compliqué. Donc c’est même pas QUE sexiste. C’est sexiste ET humiliant en fait…

Mais il parait qu’il faut qu’on arrête de se sentir persécutER…

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Bah oui une connerie d’anecdote, tous les jours, tout le temps, au boulot, dans les pubs, à la télé, dans les médias… !


Maman a besoin d’une machine à café qu’on va faire passer pour une grosse teub de black avec un message bien suggestif à base de magie noire… Allez, c’est cadeau…
Maman a besoin d’une poubelle pour la fête (pétainiste sa race) des mères. Allez c’est cadeau mais à moins de 20 balles.

« Faut arrêter de se sentir persécuté. »
C’est tellement facile à dire quand on est un homme et qu’on ne vit pas le sexisme au quotidien, qu’on n’est pas payé 25% de moins pour un même boulot à qualifications égales, qu’on ne se fait pas harceler / virer parce qu’on est enceinte, qu’on ne vit pas de discrimination au recrutement parce que « elle a la trentaine, elle n’a pas d’enfant, elle va forcément nous coller un congé maternité bientôt, on va plutôt prendre le garçon. »
Mais non c’est vrai… pardon faut pas se sentir persécuté et faut arrêter de se plaindre ouin ouin les vilains hommes oh la la…
Si c’est tout ce que vous êtes capables de lire dans mon commentaire c’est que vous avez 2 neurones.
Mais il parait qu’il faut qu’on arrête de se plaindre parce que les garçons se sentent persécutés à force…

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Évidemment, dans les commentaires suivants, ça déplace le problème. Ça dit « il fait un meuble pour sa femme il est où le problème ? » Mais c’est pas le fait qu’il fasse un meuble pour sa femme qui soit un problème, c’est pas sexiste ça. C’est « il réalise le rêve de son épouse » le problème. Bref on tourne en rond.
Je continue à recevoir des commentaires en réponse au mien.
« La crétinerie n’a pas de sexe »… Ouais… On en arrive là quand même hein. On se fait traiter de crétines.

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Du coup j’en déduis que nous sommes des crétines à se battre pour nos droits, nous pauvre petit sexe faible nous vilaines féministes outrancières.

Mais ce n’est pas le pire… Regardez la suite. C’est affligeant.

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Je dois donc me faire opérer mais par contre faire une bonne grosse blague dégueulasse à base de position sexuelle dominante, ça ne pose auuuuuucun souci. Et il ne faut surtout pas qu’on râle hein…

Ça fait largement écho à l’affaire de Tex et sa blague débile, affligeante et insultante, blague pour laquelle il a été mis à pied. (Rassurez vous il  est parti avec un gros chèque.)
Non content d’avoir fait une blague sexiste se gaussant largement des violences faites aux femmes, ce mec essaie de « laver son honneur »… Il ne fait même pas profil bas. Ne s’excuse pas (Ouh la… jusqu’où vas-tu malheureuse !!!)
Et bien sûr, on se répand dans les médias, et on vient se faire défendre chez Hanouna en disant que la blague avait été faite chez les grosses têtes il y a des mois et que tout le monde s’était marré et personne n’avait été viré.
Oh bah oui, tout le monde sait que les grosses têtes sont un modèle de bon goût, d’élégance et de respect. Et puis la défense en carton « Oui mais lui il a fait pareil et il a rien eu… ». Nan mais mec… Tu fais une blague où tu parles d’une femme qui se fait tabasser et ça devrait faire marrer tout le monde ? Tu t’attends à quoi ?
« Oui, de toute façon aujourd’hui on ne peut plus rien dire sans se faire attaquer. »
Bah ouais mon gars… Avant elles fermaient leur bouche de peur de prendre des coups. Maintenant, on l’ouvre et si votre petite supériorité masculine en prend un coup, eh ben c’est tant mieux. (Et j’ajouterai « et on vous emmerde »).

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Mais oui… C’est une grande cabale féministe qui s’est abattue sur Tex le grand gentil qui a fait une blague de beauf et qui s’est vilainement fait punir par maman. Il a le culot de réclamer de l’argent à la société de production…
Si seulement ça n’avait été qu’une mauvaise blague… Mais monsieur est un gros porc.
Il y a quelques jours, sont sortis des enregistrements de off de l’émission où le mec est quand même un énorme crade et parle d’une candidate en la qualifiant de « chiennasse à grosses loches ». Nan mais tu vis sur quelle planète mec ?
La chiennasse à grosses loches c’est la ménagère de moins de 50ans qui te permet d’avoir 27500€ de salaire mensuel, CONNARD.

L’intégralité de l’article publié dans le parisien est dispo < ici >

La conclusion de son propre avocat est quand même : « Vous, vous êtes un champion » en se prenant la tête dans les mains…
Ouais c’est un champion ! Champion du monde les gars… Le mec est un gros lourd avec des attitudes de gros crade #balancetonporc et il se fait passer pour la victime…

Dans 20minutes, il ne s’en prend plus seulement aux femmes mais aussi aux mecs « dominés » et qu’il préfère les « vieux schémas qui étaient plus simples ».

 

Pour « vieux schémas » Comprendre : quand bobonne était à la maison, fermait bien sa goule et élevait les gosses sans broncher de peur de s’en prendre une.
« On ne balance pas. » 0 remise en question du gars. Les violences faites aux femmes c’est de la pisse de chat à côté de son image qui serait trainée dans la boue. Bah oui… Le pauvre. Ce soir encore chez Hanouna, ça défendait Tex. « Vous vous rendez compte, sa pauvre famille ». « La pauvre femme de Tex qui apprend ça dans les médias (NDLA les propos tenus auprès d’autres femmes qu’il « baise ») ». « Oui, c’est inadmissible d’utiliser les off contre lui ». « On est dans big brother ». « C’est une violation de la vie privée »…

  1. Il savait qu’il était enregistré et il tient tout de même ces propos.
  2. C’est son lieu de travail (donc pas un lieu privé), il a signé un contrat et une clause d’éthique.
  3. C’est un immonde personnage qui se trouve drôle qui a voulu créer le buzz (ce sont ses propres mots…)
  4. Sa pauvre famille ? Oh bah oui  les pauvres oui… De devoir se le coltiner au quotidien…

Le bon humour bien gras franchouillard de sexagénaire, c’est fini les gars. C’est lourd (et encore j’suis gentille.)

Et puis honnêtement, on a salit son honneur ? Faudrait le réparer en lui donnant 1,2millions d’€ (oui c’est ce qu’il réclame comme dédommagement…). Non mais sérieusement… Comme dit mon chéri « Un mec qui gagne plus de 300 000 balles par an, je ne vais certainement pas le plaindre. » Il est complètement déconnecté de la réalité.

Si vous êtes un peu curieux, tapez « sexisme au travail » dans google…
Il y a presque 500 000 résultats… Mais non… C’est vrai, on n’a pas besoin du féminisme hein !

Je pense tous les jours à nos enfants, à nos filles qui vont devoir continuer à se battre pour que cessent ces attitudes à base de « Rooooh ça va on ne peut plus rien dire ».

Mais si ça avait été l’inverse ? Ce serait une femme qui dirait à un mec ce que Tex a dit à une collègue : « Ah, je t’ai pas encore baisé(e) ? Parce que tu sais, je les prends par devant, par derrière, sur le côté. »
Ça ne ferait pas réagir ? Bien sur que si… « Mais pour qui elle se prend ? »

De toute façon… Il n’y a qu’à voir dans l’esprit des gens, un mec qui se tape plein de nanas c’est un tombeur, une nana qui se tape plein de mecs c’est une trainée voire une pute.
Mais quand on veut se défendre, rétablir un semblant d’égalité… On est quoi ? Une sale féministe ?
Non mais depuis quand être féministe c’est une insulte bordel ?!

Je vous copie le manifeste des chiennes de garde parce que c’est assez explicite.

« Nous vivons en démocratie. Le débat est libre, mais tous les arguments ne sont pas légitimes.
Toute femme qui s’expose, qui s’affirme, qui s’affiche, court le risque d’être traitée de « pute » ou de « salope » ; si elle réussit, elle est suspectée d’avoir « couché ».
Toutes les femmes sont trop souvent jugées sur leur apparence et étiquetées : « mère », « bonne copine », « bonne à tout faire », « lesbienne », « putain », etc.

Nous, Chiennes de garde, montrons les crocs.

Adresser une injure sexiste publique à une femme, c’est insulter toutes les femmes.
Nous nous engageons à manifester notre soutien aux femmes attaquées publiquement en tant que femmes. Nous affirmons la liberté d’action et de choix de toutes les femmes.

Nous, Chiennes de garde, préservons une valeur précieuse : la dignité des femmes. Elle est inséparable de la dignité humaine. Elle doit être respectée par tous.

Aujourd’hui comme hier, en Europe comme ailleurs, la légitimité des femmes à participer aux décisions à égalité avec les hommes n’est pas admise par tous ; la violence est utilisée contre des filles et des femmes pour les rendre invisibles et muettes.

La violence verbale fait partie de la violence générale contre les femmes.

Nous demandons que soit votée dans notre pays une loi contre le sexisme. Comme le racisme, le sexisme est l’une des manifestations de la haine de l’autre, liée à la haine de soi.
La lutte contre le sexisme doit devenir une priorité politique. Nous demandons que soit organisé un ample travail de réflexion et d’éducation sur les rapports entre femmes et hommes. Nous voulons vivre dans une société où nous pourrons agir librement, dans le respect de l’autre et en bénéficiant nous-mêmes de respect. »

 

Et pour terminer, je citerai Benoîte Groult :

« Le féminisme n’a jamais tué personne, le machisme tue tous les jours ».

 

*Kaarotte-de-garde*

 

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Ta mère !

Le fil de ma réflexion de mère se croise forcément avec mes souvenirs d’enfance et l’éducation que j’ai reçue. J’échange beaucoup avec ma Chouchoum à ce sujet parce qu’on a eu (à peu de choses près) les mêmes parents.
Il y a beaucoup de choses pour lesquelles je suis capable de remercier mes parents. Le fait de nous avoir fait voyager un peu partout dans le monde du fait du travail de mon père, les découvertes culturelles et musicales, l’ouverture d’esprit qui en découle… Tout ça je suis ravie de le porter en bagage et de le transmettre à Alix.
Et puis il y a le reste.
On se disait justement hier après-midi avec Noëmie que les pleurnicheries-maniaco-dépressives de nos mères nous étaient insupportables.
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Non.

Clairement, on n’a pas demandé à venir sur cette planète donc si tu peux remballer tes humeurs merci bien…

Un enfant n’est pas le défouloir de tes humeurs quand tu as passé une journée de merde. Chose que nos daronnes n’ont pas tout a fait intégré en fait.
Voire pas du tout.
Elles étaient mères au foyer. Bon jusque là, dans la génération de nos parents ce n’est pas complètement délirant, surtout avec un père militaire, donc des mutations, donc la difficulté à quitter un emploi pour en retrouver un autre à l’autre bout de la France, voire à l’étranger parfois.
Ce serait acceptable si ma mère avait été une VRAIE mère au foyer. C’est à dire qui s’occupe de la maison, du linge, de nous… Je me rappelle encore faire le ménage avant que la femme de ménage ne vienne à la maison en sortant de ma journée de cours…
Oui. On a eu une femme de ménage. Avec ma mère qui fumait ses clopes sur le balcon… #memepashonte
Rétrospectivement, j’hallucine totalement et je déculpabilise d’avoir un intérieur un peu plus en bazar que ce que j’aimerais. A l’époque, j’ai quand même osé demander à quoi ça servait de payer une femme de ménage pour nettoyer quelque chose de propre. Accessoirement, j’aurais bien kiffé récupérer les tunes moi vu que je me tapais la sale besogne.
Bref, passons.
Jusque là encore, je ne dis pas que c’est acceptable mais ça aurait pu encore passer.
Mais non.
Il fallait que ces dames se plaignent.
Beaucoup.
Très fort.
Et à qui voulait bien les entendre. Je crois que ma mère ne se rendait pas compte à quel point en se plaignant comme ça autour d’elle, elle passait pour ce qu’elle était : une mauvaise mère.
Elle voulait se faire passer pour la victime, ayant des enfants ingrats qui ne l’aimaient pas… Mais pendant qu’elle geignait chez la voisine en buvant son café, j’étendais la lessive, je m’occupais des devoirs de mon frère et je préparais à manger pour la famille. Donc, ouais. Une mauvaise mère.
Evidemment, c’aurait été trop simple que ça s’arrête là. Non, bien entendu. Nos mères avaient la fâcheuse habitude de nous faire culpabiliser en nous disant qu’elles sacrifiaient beaucoup pour nous. Qu’elles SE sacrifiaient même.

Mais grognasse, si tu as raté ta vie, ça ne tient qu’à toi de bouger les choses pour la faire changer.
« J’ai sacrifié ma vie pour vous. » Ah ouais ? Qu’est-ce que tu appelles un sacrifice concrètement ? Ne pas regarder ton épisode de Derrick jusqu’à la fin parce que tu dois venir nous chercher à l’école ?
Ou bien celui d’Arabesque (J’suis pas raciste !). Ah bah non, faudrait pas louper Jessica Fletcher pour mettre le hachis Parmentier au four surtout !

Non mais sincèrement, je suis assez acide à ce sujet mais les meufs… Soyez juste honnêtes avec vous-mêmes (et avec nous !). Vous n’avez rien sacrifié du tout. Vous vous êtes juste conformées à une norme. Faut faire des gosses, on va en faire. Limite ça on pourrait l’entendre. Les années 80 toussa toussa. On pourrait même compatir (si, si… avec de gros efforts on pourrait !). Mais se venger gratuitement, sur des gosses qui n’ont rien demandé à personne… Comme dit ma chouchoum, leur vie, elles l’ont voulue. Faire des gosses pour avoir l’excuse parfaite pour ne pas avoir à aller bosser. « Ô que oui, 3 enfants c’est du boulot hein ! » Qu’est ce que t’en sais ? C’est même pas toi qui te coltinais les réunions parents profs de CP de Xavier…
Assume d’être une énorme feignasse. Au moins, tu ne passeras pas pour une menteuse pathologique aux yeux de la planète entière…
Et puis, de notre point de vue d’enfant, quelle MAGNIFIQUE manière de se sentir désiré.

Le point positif dans tout ça, c’est que je sais clairement ce que je ne veux pas pour Alix, et ce que je dois faire pour ne surtout pas être comme ma mère.
Alix sera peut être un poil pourrie gâtée, mais au moins elle ne subira pas ça. Je lui raconterai en temps voulu, mais dites vous bien que dans une seule journée, elle entend plus de fois « je t’aime » que je ne l’ai entendu de mes 2 parents dans toute ma vie…

Alors en terme de « parentalité positive » je pense que je ferai toujours mieux que ma mère.

*Kaarotte un peu vénère*

Parentalité positive my ass

18 mois, 4 dents et demi, un bébé bien dans ses (premières) chaussures (non c’est faux, on en est déjà à la troisième paire) et des rigolades à gogo.
C’est un bon résumé de la période. Et puis…
« 18 mois, ils font leur crise d’ado » nous a dit la nounou. Ah bah clairement oui ! Elle en sait quelque chose, avec Alix, sont gardés Lywen 17mois et demi et Ninon 21mois. La belle brochette !

Récemment, on a vu le changement. On est passé de notre bébé tout mignon, tout sourire, tout gentil et obéissant à mini tornade qui tape, jette des objets, crie… Une grande fille et plus un bébé quoi !

Alors du coup, forcément, j’ai lu beaucoup de choses sur l’éducation. On se renseigne sur plusieurs méthodes d’éducation. On en discute tous les 2 avec le chéri. La parentalité positive, ne pas crier, ne pas contraindre, ne pas punir…
Et puis en discutant avec les copines on se rend compte que c’est bien joli, mais il y a des jours où une énième répétition de la même bêtise est vraiment tellement énervante que c’est le ton du dessus qui sort parce que notre merveille s’est mise en danger, ou va faire mal à notre animal de compagnie…

Notre tout petit nous teste ? Eh bien, il est temps de mettre les limites. Dire non. S’opposer fait partie de son développement. Alors aidons-le à se construire, mettons ces limites.

Si à 18 mois on le laisse nous taper, à 12ans on lui allume son premier joint et on lui file des capotes percées ? On a tellement envie d’être grand-parents avant 50ans !!
Non je n’exagère pas du tout voyons !
Evidemment je plaisante, mais je les ai en classe moi les ados de 12 à 16ans. Ceux-là même à qui on a tout passé il y a 10/12ans… Résultat, ça réagit très mal à la frustration, ça boude (oui encore à 16ans), ça répond avec une insolence inouïe… Ok je bosse avec des mômes qui clairement ont subi de gros manques éducatifs. Mais justement, je ne veux pas de ça pour ma fille. Quand on bosse dans l’enseignement / l’éducatif / le social, on sait qu’on ne part pas tous avec les mêmes chances dans la vie. Je voudrais donc donner le meilleur à ma fille dès maintenant. Tant pis si je dois culpabiliser, tant pis si je dois me frustrer et la frustrer aussi. C’est une donnée qui a été vérifiée depuis des dizaines d’années : mettre des limites à un enfant ne va pas faire de lui un adulte déglingué, au contraire.

Et donc, je voulais échanger avec vous sur quelques exemples concrets de ce dont je parle plus haut.
Il y a une ou deux semaines nous avons puni Alix pour la première fois. Elle avait jeté du pain par terre sciemment aux pieds de son père plusieurs fois, puis aux miens quand je le lui ai fait ramasser. Ce n’est pas une grosse bêtise en soi mais il fallait lui montrer que ce n’était pas acceptable de jeter quoi que ce soit. Alors on l’a assise sur la marche de l’escalier en lui disant qu’elle était punie. Evidemment, elle a pleuré. Ça n’a duré que quelques secondes mais elle a appris à dire pardon (en signe et même avec le mot depuis quelques jours). On lui explique beaucoup les choses et honnêtement, on a de la chance vraiment, on a un super bébé qui écoute et comprend beaucoup. On est d’autant plus vigilants à sa construction et son développement.

Autre exemple. Un matin de ces derniers jours, Alix était pénible, ne voulait pas s’habiller, se retournait comme un asticot sur sa table à langer jusqu’à se mettre en danger. Eh bien, j’ai crié. Je lui ai dit d’arrêter fermement et je lui ai dit que j’étais fâchée. Se fâcher, c’est pénible, c’est épuisant, on n’a pas envie, mais honnêtement, l’angoisse de la blessure + la fatigue + … Eh bien le ton est monté. Elle comprend qu’elle m’a fait peur et que c’est dangereux. Parfois, ce n’est pas suffisant de lui dire que c’est dangereux parce qu’elle continue à se mettre en danger. Alors oui j’ai crié.

Et puis parfois, pas besoin de sortir de ses gonds.
Au gouter cet après-midi, elle avait décidé qu’elle mangerait son pain au lait et pas la compote ni le yaourt. Je l’avais prévenue que la condition était de manger l’un pour avoir l’autre. Elle avait aquiescé. Pourtant au moment de manger la compote et le yaourt, elle m’ignorait, tournait la tête. Je l’ai prévenue, une fois, puis deux. Je lui ai retiré le pain au lait. Elle a pleuré, crié. Je l’ai descendue de sa chaise haute et vous savez quoi ? Elle est allée s’asseoir toute seule sur la marche. Elle pleurait et n’était pas contente mais je suis persuadée qu’elle avait conscience qu’elle avait dépassé les limites. Vous savez ce qui me fait dire ça ? Elle a fait un tour du salon, est venue me voir, m’a demandé pardon avec le signe. Je l’ai rassise dans sa chaise et elle a mangé tout son gouter sans faire l’idiote.

Je lui dis toujours quand c’est fini, que je ne suis plus fâchée, que je l’aime, qu’elle est une gentille petite fille. Elle entend que ce n’est pas parce qu’on ne l’aime pas qu’on se fâche et qu’on la punit. Même à 18mois, même à 12mois, même à 6mois ils sont capables d’entendre les choses (de manière adaptée à l’âge évidemment !!). Je ne lui parle pas comme à une adulte, mais je ne la prends surement pas pour une idiote (ce qu’elle n’est clairement pas !).
Hier, dans un truc genre « le saviez-vous ? » j’ai vu passer une petite image (à la con) disant que crier sur un enfant pouvait causer des dommages irréversibles au niveau de son développement émotionnel. Oh bah oui tiens, faisons culpabiliser les parents encore un peu plus. Je pense qu’avec les copines on en est à environ 125% de culpabilité. Ce serait bête de ne pas nous en rajouter… HUM…
Alors oui, hurler H24 sur son bébé certainement. Mais de toutes mes copines, aucune ne hurle sur ses enfants toute la journée. Oui on se fâche, oui on punit, oui on met au coin. et OUI on aime nos enfants plus que tout. D’ailleurs, on fait tout pour qu’ils grandissent dans l’amour et la compréhension même si parfois ça doit passer par la punition et la frustration.

Au final, pour moi, c’est ça la vraie parentalité positive. Dire à son enfant qu’on l’aime et qu’aucune petite bêtise viendra entacher notre amour pour lui, même si on doit le reprendre.
Je vous recommande la lecture de « Je t’aimerai toujours quoi qu’il arrive » de Debi Gliori.

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C’est très drôle parce que c’est le livre préféré d’Alix en ce moment.
Est-ce sa manière de nous dire  » Je fais des bêtises mais vous m’aimez quand même. » ? Aucune idée, mais elle l’adore (et ça tombe bien, je suis ravie ! Je l’ai acheté quand j’étais enceinte d’elle <3)
Et en plus, ce livre est une jolie manière de dire à son enfant « qui que tu sois, quels que soient tes choix, je t’aimerai »

 

*Kaarotte-parent-positif*

Charge mentale my ass

Vous avez tous vu depuis des mois des articles sur la charge mentale, des réactions des machos, des féministes, des mecs chouettes qui en ont marre de prendre pour les autres, not all men, etc…

Je vous remets ici le lien de la bd d’Emma sur la charge mentale qui est assez explicite.
https://emmaclit.com/2017/05/09/repartition-des-taches-hommes-femmes/

Depuis cette « vague », on voit fleurir des articles en mode « Nan mais vous êtes perfectionnistes aussi ».

exemple : http://anti-deprime.com/2018/04/10/charge-mentale-mieux-vaut-etre-optimaliste-que-perfectionniste/

Bah sorry bro mais perso ne pas vouloir vivre dans la crasse je ne pense pas que ce soit être perfectionniste…

Et depuis quand être perfectionniste c’est un défaut ?
Nan mais on marche sur la tête.
J’hallucine.

Alors ouais, on est chiantes, on passe pour vos mères à râler. Mais justement… Vous êtes vous seulement demandé pourquoi elles râlaient vos mères ? Est ce que vos pères se bougeaient les fesses du canap’ ?
Bon… J’ai conscience de généraliser un petit peu j’avoue. Mais on est bien d’accord que la génération née entre 50 et 65 ne sont pas des foudres de guerre en terme de tâches ménagères (ça rime tavu ? Kaarotte-poète pouet TMTC).
Dans F.R.I.E.N.D.S. ils se moquent de Monica parce qu’elle est maniaque mais je ne vois vraiment pas ce qu’il y a de mal à vouloir un intérieur rangé ?
(Ok avoir 11 catégories de serviettes et vouloir aspirer l’aspirateur, c’est peut-être un peu exagéré…)

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Comme dirait ma Chuchum, ils devraient peut-être un peu plus se centrer sur Rachel qui n’en fiche pas une, ou Joey le gros dégoutant !

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Alors ouais, c’est pénible, il faut rogner sur ton temps libre, tes moments de détente. Mais nous aussi on rogne là dessus, ce serait cool que vous en ayez conscience aussi.
Vous croyez que c’est notre passion le rangement et le ménage ?

Spoiler alert 

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« Nan mais avoue t’aimes bien ça le ménage… »
Oh bah ouais, c’est vraiment ce que je préfère au monde, surtout nettoyer les chiottes et les traces miacou-dégoutantes autour du lavabo avec une brosse à dents (la tienne mon amour soit dit en passant… Non c’est pas vrai (je vois d’ici sa tête outrée en mode « c’est vrai ???? »)).

Nan mais VRAIMENT ????

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Non, ce qu’on aime bien c’est un intérieur rangé (à peu près) propre et qui sent bon. Alors ouais… Faut bien passer par la phase reloue du nettoyage…
Dites vous que si vous sentez une odeur désagréable et que vous l’identifiez, vous avez le droit d’y remédier.

➜ Genre, « oh mais c’est la poubelle qui sent comme ça ?! *ouvre et referme la poubelle* * se barre à l’autre bout de la maison*
Ici vous pouvez donc déduire que « oh bah je vais la sortir ». Et vous savez quoi ? On ne nait pas avec ce don merveilleux de « devinette » de ce qu’il y a à faire dans la maison.

On n’a pas été programmés en mode :

chromosomes XX rangement /Chromosomes XY bordel ambiant

 

➜ Mieux. La poubelle a été sortie de son conteneur, elle est à l’entrée prête à être descendue et… vous l’enjambez pour descendre. Qu’est ce qui se passe dans votre tête à ce moment là ? « Tiens un obstacle. Elle veut sans doute que je me muscle plus les mollets. ?! Je vais l’enjamber 2 ou 3 fois dans la matinée, ça devrait lui plaire. »

Non et puis c’est vrai que ça demande vraiment un effort surhumain pour déposer son assiette dans le lave vaisselle et ses vêtements dans le panier à linge ! C’est quand même plus agréable quand il n’y a pas du bordel partout et de la crasse qui colle sous les chaussons non ? (Ah oui les chaussons… Non, ça c’est peine perdue. J’ai un hobbit qui passe sa vie en chaussettes à la maison. Je lâche l’affaire.)
Mais honnêtement Messieurs (et Iroise 😉 (elle va me frapper ahah)!!) ça donne pas envie d’avoir un corps comme ça là ? ⇩⇩⇩

cleaning up mr clean GIF by ADWEEK

 

Pour le coup, je ne dis pas qu’on est parfaites non plus hein ! On vous aime messieurs mais sortez de ce rôle d’exécutant et prenez des initiatives et sans attendre de médaille s’il vous plait… « T’as vu j’ai passé le balai ? » Oui et ? On vous fait des listes de ce qu’on fait  à la maison ? « Alors ce matin, j’ai nettoyé le vomi du chat, mis une lessive à tourner, j’ai ramassé le linge qui trainait dans la chambre, j’ai vidé la poubelle… » Je continue ou je m’arrête là ?

S’il vous plait, essayez de « voir » ce qu’il y a à faire. Il y a des jours où « qu’est ce que je peux faire pour t’aider » c’est plus insupportable qu’une insulte. Oui je sais c’est vilain, mais c’est ce qu’on appelle la saturation. Vous voulez aider ? Très bien. Faites.
Promis, on fera des efforts sur la réalisation, on va essayer de ne pas dire que c’est pas fait comme on voudrait.

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PS : Oui mon chéri, je vois les efforts que tu fais depuis ces derniers mois ㋡ (K)

*Kaarotte en surcharge mentale*

 

Pardonner n’est pas renouer

J’avance.
J’essaie de faire la paix (avec moi même surtout) pour ne pas avoir de fardeau supplémentaire à porter. J’évacue les colères.

Ce soir je tombe sur cette image sur le FB de ma copine anglaise Lisa.

L’image contient peut-être : texte

« Tu peux pardonner à quelqu’un et pour autant ne plus rien vouloir avec cette personne.
Il faut que les gens comprennent que le pardon c’est faire la paix avec le passé et non pas d’envisager un futur ».

Pardonner est quelque chose que tu fais pour toi. Sinon tu portes une surcharge de colère inutile. C’est uniquement à toi que tu fais du mal. La personne contre qui tu es en colère se contre fout de ce mal puisqu’elle n’est même pas au courant…

Pour autant, même si tu essaies d’évacuer, souvent, tu es en boucle. Tu ressasses.
J’en ai déjà parlé quelques fois sur le blog, mais certaines relations sont malsaines et ne doivent pas être poursuivies.
Je ne comprenais pas vraiment pourquoi je continuais à « ruminer » tout ça.
Jusqu’à ce que je lise ça :

L’image contient peut-être : texte

Les traumatismes émotionnels profonds ont besoin de temps pour cicatriser. Le soin se fait en plusieurs étapes. Et le fait que le cerveau ramène ces événements / personnes sur le devant des réflexions n’est pas à prendre à la légère. Tant que toute la charge émotionnelle ne sera pas partie, le cerveau remettra 100 fois sur l’ouvrage…

Alors j’ai décidé de me laisser être triste (parfois), de me laisser penser que c’était chouette (aussi) mais aussi de me laisser pardonner, tourner la page (définitivement) et accepter d’être certaine de ne pas vouloir revenir en arrière.

Ça m’a fait beaucoup de peine tout ça. Ce soir j’étais triste. Après ces quelques lignes, ça va mieux.  Une copine m’a dit que le chagrin d’amitié était parfois plus douloureux que le chagrin d’amour. C’est tellement vrai.

Mais ce soir, je vais me coucher un peu plus légère.

*Kaarotte*

Bienveillance de l’école

A l’heure de l’école inclusive, on entend parler de handicap partout. On entend beaucoup d’histoires, je lis pas mal de choses sur les réseaux sociaux etc.

Je sais, je bosse dans le spécialisé, j’ai donc un avis biaisé (J’ai dit biaisé oh !!!)

Il y a quelques temps sur Twitter une maman / enseignante d’un petit garçon autiste reçoit dans le cahier de liaison de celui-ci un mot comme quoi il passerait sa récré à chercher son manteau jusqu’à ce qu’il le retrouve, qu’à son âge il y a des choses qu’il doit savoir gérer….

MEUF ! Il est AUTISTE !

Premier stop 🛑

T’es tu renseignée sur le handicap de ton élève ?

Pour ça tu as plusieurs possibilités :

1) Son dossier scolaire dans lequel doit se trouver son projet de scolarisation et les adaptations à proposer au jeune !

2) L’enseignant référent qui pour le coup a pas mal d’expérience en matière de handicap, C’est son boulot de gérer les réunions dites ESS (équipes de suivi de scolarisation).

3) Le médecin scolaire, même si des fois en tant qu’enseignant tu ne comprends pas bien à quoi il sert et s’il est vraiment une personne (Petite blague entre collègues… « Mais ce n’est pas un mythe, il existe donc vraiment ?! »)

4) (Je le mettrais volontiers en 1) mais pour le coup… Cette enseignante doit faire une phobie…) LES PARENTS ! Punaise, mais c’est leur môme ! Ils le connaissent mieux que tout le monde! Et là, en l’occurrence, tu as tiré le jackpot, tu as une maman qui est enseignante. Tu peux échanger encore plus librement puisqu’elle connaît le métier, les difficultés, etc…

Ça c’est pour le côté pro.

Deuxième stop 🛑

Après, tu as tes compétences d’humain (qui manifestement font défaut à cette enseignante). NORMALEMENT (et ce n’est que mon avis) quand tu es un être humain doté d’un minimum d’empathie, tu te renseignes, ne serait-ce que par curiosité (pas malsaine!) ?!
Comment interagir avec ce petit être humain qui n’a pas les mêmes codes que toi ? Ça me semble logique. Après, je ne vais pas tirer à boulet rouge sur tout le monde, encore une fois mon avis est biaisé, je bosse dans le spécialisé.

Je me rappelle d’un stage que j’ai fait quand j’étais encore bébé prof. Stage dans une école maternelle dans laquelle il y avait un petit autiste. Ça m’avait tellement intriguée que j’avais fait des recherches sur comment interagir avec ce petit (merci internet). Résultat au bout de quelques jours de stage (et je ne dis pas ça en mode « ouais j’suis trop forte » etc… Juste pour expliquer que c’est à la portée de tous de faire cet effort d’adaptation…) le petit ne me décollait plus et son enseignant avait halluciné de la rapidité d’attachement. Je crois que ce petit garçon aura marqué ma carrière profondément et probablement orienté mon choix vers le spécialisé. (Je sais que tu ne passeras sûrement jamais par ici mais je te fais un bisou Mohammed.)

Bref revenons à nos moutons.

Nombre d’enseignants ne se rendent pas compte qu’avec juste quelques minutes de renseignements, ils agiraient complètement autrement avec un enfant différent (Ouais j’en ai marre de dire handicapé, ce sont les adultes qui sont handicapés finalement… Pas les enfants…)

La société est maltraitante avec les gens hors cadre / hors moule. C’est d’ailleurs invraisemblable qu’on veuille faire rentrer tout le monde dans sa petite case.
Et n’allez pas penser que c’est parce qu’il/elle est prof qu’il/elle est bienveillant·e et compatissant·e. Bien souvent, les gens sont blasés et gavés de leur taf et aussi chez les profs.
Tristement, de manière générale, les gens sont soulagés « Ah c’est parce qu’il est autiste / handicapé / différent qu’il agit comme ça ? »
Non c’est parce que t’es con intolérant et que tu veux que tout le monde soit dans la norme.

Non mais sérieusement les gens…? Qu’est ce que ça peut bien vous foutre ? (« M’enfin Jacquard, vous devenez atrocement vulgaire ! »)

*Kaarotte spécialisée et vénère*

 

Go f*ck yourself

Depuis quelques temps, j’ai envie / besoin d’écrire. J’ai 3 brouillons d’articles commencés.  Mais je ne boucle rien. Je suis fatiguée.
J’ai eu rdv avec ma sage-femme il y a 1 mois et je me suis confiée à elle au sujet des événements récents dans ma vie amicale, elle m’a dit de lâcher du lest, d’arrêter de porter les autres.
Je le sais tout ça. Je sais. Je travaille dessus depuis des années. Ma mère juive (je vous ai déjà parlé d’elle ? J’y reviendrai. Notez juste que c’est une personne très importante pour moi, qu’elle a l’âge de ma mère et qu’elle est juive >> d’où le surnom !)
Ma mère juive, donc, m’a même dit qu’elle était contente que j’en sois à ce point de réflexion à 35ans parce qu’elle n’y est pas arrivée avant la cinquantaine. Plus tu avances en âge et plus violente est la chute en terme de prise de conscience que l’autre, l’humain avec qui tu échanges des banalités ou des éléments plus intimes de ta vie, le collègue de boulot, cet autre est un trou d’cul ! (Spéciale dédicace à mes bibitchs 😀 Je vous kiffe les filles).

 

kevin spacey total fucking asshole GIF

 

Globalement et pour faire court : les gens s’en foutent des autres.
Clairement.
Quand je dis « les gens », je veux plus particulièrement parler des gens qui sont dans tes contacts, dans tes amis Facebook et autres… « Amis ». Tu parles…  Des gens avec qui tu as eu une interaction sociale plus ou moins prolongée durant ta vie avec qui tu gardes un faux-contact sur les réseaux sociaux afin de stalker leur vie (Oh allez !! Arrêtez… On le fait tous hein !!).

Et au final quoi ?

Ces gens là s’étalent sur Instagram, te pourrissent ton Facebook de leur photos (merci les réglages du fil d’actualité !!!). [Alerte fille cupide on] Ces gens ont promis juré craché de t’envoyer un cadeau pour la naissance de ta fille. [Alerte fille cupide off]
Nan je rigole, je m’en tape des cadeaux, mais quand toi tu t’investis, tu envoies toujours un petit message, un petit cadeau; souvent un truc fait main, pour lequel tu as passé du temps à réfléchir, concevoir le truc, trouver ce qui plaira le plus à tes « amis ».

Et puis 17 mois passent et tu vois des dizaines de photos de cadeaux / créations pour les autres, pour des bébés nés bien après le tien. Et au final tu ne sais même pas pourquoi tu y attaches tellement d’importance. Parce que tu t’en fous de ce cadeau au final, comme de ta première culotte… mais c’est plutôt l’implication des gens qui fait de la peine ou le manque d’implication. Toi tu fais. Les autres s’en foutent.

Ces gens ne font pas partie de ton quotidien. N’existent plus dans ta vie. Ces gens n’existent pas réellement !

En revanche, tu vois fleurir sur ces mêmes Facebook / Instagram des « copies » de ce que tu as cousu, fait ces derniers temps… Etonnant non ?
Je ne dis pas que je ne copie pas, que je ne m’inspire pas des choses de l’internet mondial. Evidemment que si, mais quand ce sont tes « amis » qui font ça et que c’est un peu « GROS comme une maison », que tu es crevée et que ta susceptibilité sort de sa tanière telle une maman ourse au printemps, eh beh tu as, un peu, de mal à le supporter. (En temps normal, je m’en ficherais vraiment… mais là ça commençait à faire beaucoup).

 

Récemment, j’ai repensé à mon pote Fred. Un super copain à l’époque. Mon « meilleur ami » même… Celui que j’ai défendu au point de perdre mes copines de l’époque. Ça m’a fait un peu de peine de me dire qu’on est devenus des étrangers.

Certaines amitiés sont finalement des objets perméables et malléables. D’autres, en revanche, sont figées dans le marbre et ne bougeront pas. Dans 40 ans, je suis à peu près certaine que je recevrai toujours des couriages de ma chuchum et des jolies cartes fleuries de ma Caille.
Mais ces dernières années, j’ai eu quelques déceptions amicales. Des gens proches, très proches qui ont pris des chemins tellement différents que l’amitié n’est plus qu’un mot, qu’un clic sur les réseaux sociaux (exemple de clic : supprimer de la liste des amis)

J’ai du commencer le deuil d’une amitié récemment. Je sais que ça prendra du temps. Je ne suis pas du genre à baisser les bras en amitié habituellement mais il y a des situations tellement inextricables qu’on appelle ça des cas de force majeur.
J’ai du mal à me dire qu’il faut hiérarchiser son implication amicale. Mais au final, pour ta santé mentale, il le faut.

Pendant longtemps j’avais tendance à m’impliquer à 200% partout, tout le temps.
Mais il faut se rendre à l’évidence, au boulot, on n’est pas grand chose de plus que des collègues. Depuis Alix, j’ai réussi à mettre à distance la non-implication des gens de travail.
Dans ma vie privée avec mes très proches, j’ai encore un peu de mal… J’ai du mal à me dire que dans les cercles amicaux/ familiaux, c’est pareil. Il faut nuancer l’énergie à apporter en fonction du degré de proximité et du degré d’attachement.

Donc au final que ce soit ton père, ta mère, ta copine de lycée ou ton collègue de boulot, il ne faut pas s’investir plus que de raison. Même s’il y a beaucoup de plaisir et de joie à donner sans rien attendre en retour, quand ce sont toujours les mêmes qui donnent et les mêmes qui reçoivent, ça s’appelle se faire couillonner. Donc prenez un peu de recul, voyez qui vient vers vous. Vous observerez rapidement le degré d’implication des personnes autour de vous.

Faites attention à vous les p’tits loups.

*Kaarotte un peu blasée*